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samedi, 22 mars 2014

Le sacre du printemps.

Nous sommes le 22 mars.
Bon, pour les gamines que vous êtes, lectrices chéries, le 22 mars ne signifie pas grand’ chose, sauf peut-être que ça fait deux jours que le printemps est là et qu’il fait un temps de mince.
Oui, je fais comme Merveille, pour éviter de dire une grossièreté alors que je n’en pense pas moins, je remplace «  de m… » par « de mince ».
Il me semble pourtant vous avoir déjà parlé du 22 mars 1968, jour de naissance d’un mouvement dont il ne reste hélas que peu de souvenirs.
Ce mouvement qui avait des airs très politiques mais que je soupçonne d’être né parce qu’on en avait assez d’un pouvoir cacochyme, vieux au point d’avoir oublié que ce qui attirait le plus les étudiants c’était quand même les étudiantes.
Même Libé, issu du canard « La cause du Peuple » est en train de disparaître…
Tout fout le camp.
Demorand s’est sauvé. Serge July est à la retraite, Dany le Rouge s’est calmé au point de partir lui aussi à la retraite.
Jean-Paul Sartre est mort. Guy Debord est mort. Michel Recanati avec qui je suis allé en classe est mort. Bref, les meilleurs sont morts.
Et moi je ne me sens pas très bien…
J’ai l’impression que l’une des périodes les plus heureuses de la France d’après guerre est en train de disparaître dans le brouillard du temps.
Quelques années après la naissance de l’Ours, l’espoir qui était dans l’air depuis le début des années soixante s’est envolé, comme le prix du pétrole.
Je dirais même que l’espoir s’est envolé avec le prix du baril…