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jeudi, 08 mai 2014

Chez Mango j’ai ri…

Bon, je sais, ça ne tombe pas tout à fait juste et nous ne sommes pas encore en été.
Cela dit, hier après-midi j’ai accompagné Heure-Bleue à la poursuite de son diamant vert, l’entremet à la pistache des bonnes sœurs de je ne sais quelle congrégation.
En réalité ce qui branchait la lumière de mes jours c’était l’entremet au caramel au beurre salé mais il n’y a pas de film qui s’appelle « A la poursuite du diamant jaune » alors, hein…
Nous sommes donc allés boulevard Haussmann, chez Lafayette Gourmet.
My god ! C’est l’endroit de toutes les tentations !
Oui, toutes les tentations car même les misses de l’entrée sont mignonnes…
Rien qu’à passer devant les rayons, j’ai senti mon foie fabriquer des triglycérides en pagaille !
Nous étions partis avec l’idée de nous contenter de cet entremet. Claquer 1,47 € nous paraissait raisonnable.
Heure-Bleue semblait heureuse de son entremet.
Comme je suis plutôt gentil, je me suis bien garder de dire que je me demandais si les bonnes sœurs avaient vraiment la veine écolo prétendue.
Parce que franchement, vous avez déjà fait de la poudre de beurre, vous ?
Pendant que j’imaginais toutes les opérations chimiques à réaliser pour faire un sachet de poudre capable de gélifier un demi litre de lait et lui donner le goût de crème caramel au beurre salé en quelques brèves minutes, nous parcourions des allées pleines de choses délicieuses.
Et inabordables…
La somme de 1,47€ s’étant transformée en plus que ça, nous sommes sortis avant d’être complètement ruinés et repartis vers Saint Lazare.
Et c’est sur le chemin que je suis resté estourbi par une monstruosité dans la vitrine de mon titre.
Un costume était si curieusement taillé que le mannequin, apparemment de mensurations normales, semblait être devenu la statue de Scarron.
C’est quand j’ai vu combien la boutique comptait tirer de cette horreur que éclaté de rire et que m’est venu le titre de cette note.
Il m’est aussi venu à l’esprit que pour oser proposer de telles guenilles à un tel prix, il fallait non seulement être doté d’un culot d’acier et d’un fournisseur particulièrement laxiste sur les procédures de contrôle en fabrication mais aussi avoir la chance insigne d’avoir une clientèle aussi myope qu’aisée…
Comment ce quartier, si plein de boutiques de luxe dont aucune vitrine n’aurait osé, il y a seulement cinq ans, afficher un vêtement mal taillé a-t-il pu se laisser aller ainsi ?
Encore un petit effort et, grâce à la croissance qu’on nous promet depuis quelques décennies maintenant, le VIIIème arrondissement sera une copie de la Goutte d’Or…