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samedi, 31 mai 2014

Un petit coup de rhume ?

Vous savez toutes, lectrices chéries, grâce à la merveilleuse propension des blogs à répandre des informations inutiles, qu’Heure-Bleue a un rhume.
Et une chose me choque profondément, oui, oui, lectrices chéries, profondément !
Ce qui donc, me choque profondément, c’est que vous la plaignez, elle, au choix, d’avoir un rhume ou d’avoir un mari qui a un rhume !
Mais jamais le mari, moi, votre Goût préféré qui lui aussi a un rhume.
Ce qui me met à l’agonie, bien sûr, mais normalement.
Je me contente de mourir en faisant attention à ne pas déranger, je croupis dans mon coin, je m’éteins doucement, je souffre le martyre mais en silence.
Enfin presque, de temps en temps je m’offre un gémissement, espérant attirer l’instant de compassion de la journée, celui qui me permettra de supporter une agonie que je pressens interminable et douloureuse…
Tandis que chez la lumière de mes jours, le même rhume prend des proportions quasiment dantesques !
Heure-Bleue n’a pas un rhume, elle.
Heure-Bleue ne meurt pas, elle.
Elle n’a pas le ton réservé de Marguerite Gauthier expirant doucement –sauf dans la Traviata où elle officie sous le pseudo de Violetta pour hurler une agonie avec un souffle que lui envieraient tous les tubards de la planète-.
Non, Heure-Bleue a « l’agonie Palais Garnier ».
Surtout la nuit.
Elle me réveille avec des « Je ne te réveille, pas Minou ? » gémissants.
Avec des « Je sais que je ronfle mais j’a le nez bouché, excuse moi Minou, allez dors… »
Comme si je pouvais.
Le matin, après le « Minou, je peux avoir mon petit déjeuner ? » réclamé d’une voix mourante, on me dit « Oui, je peux bien mourir la nuit, tu t’en moques ! » d'une voix nettement plus vive.
Puis « Tu entends comme je tousse ? » et « Dis moi, tu crachais toi, hier ? »
On me réclame des détails, une longue vie commune a salement émoussé la notion de pudeur et de quant-à-soi entraînant des questions comme  « C’était de quelle couleur, Minou ? Moi c’est blanc… »
Oui, l’information significative est là : Heure-Bleue après des décennies de conseils et de nombreuses séances d’entraînement dispensées par l’Ours, a enfin appris à cracher et s’est rendu compte que c’était bien moins difficile à digérer comme ça.
Voilà où mène un rhume chez la lumière de mes jours.
Et c’est elle que vous plaignez ?
Franchement, lectrices chéries, ça me troue !