vendredi, 17 octobre 2014
L’ère de rien…
Je voulais faire une note sur les cadenas accrochés connement aux rambardes des ponts de Paris mais à l’instant même, François Morel vient de me piquer ma note et de la dire sur France Inter.
Dégoûté je suis.
Je dois néanmoins avouer, lectrices chéries que je me sens un peu flatté de la convergence de vues entre ce remarquable observateur de la stupidité humaine et votre serviteur.
J’ai été ravi de constater que nous avions été au moins deux à remarquer qu’il était quand même absolument stupide de vouloir montrer qu’on aime quelqu’un au point de vouloir le cadenasser.
Franchement, ne s’être pas aperçu qu’aimer, c’est laisser partir, c’est faire preuve d’une incommensurable bêtise. Non ?
« Mais qu’est-ce que j’t’aime ! La preuve, je t’enchaîne à une rambarde de pont et je garde la clef. Ne me dis pas que c'est pas de l'amour, mon amour ! »
Je remarque d’abord que justement, l’amour en est absent.
Il semble assez net que la femme, pour ces fanatiques de l’incarcération, fut-elle sentimentale, est d’abord et avant tout un trublion qu’il convient de tenir en laisse. Si on est un véritable imbécile, on croit en plus en être propriétaire.
Il devient donc indispensable de la garder prisonnière.
Je tiens néanmoins à vous rassurer, lectrices chéries, les femmes ne sont pas en reste. Pour ce que j’en sais, ce n sont pas les dernières à saloper les ponts de Paris en y accrochant ces symboles de l’asservissement qu’elles pensent être les symboles de l’amour.
Quand on en est réduit à ne pas faire la différence entre « être lié » et « être ligoté », c’est grave.
Lectrices chéries, si vous croisez quelqu’un qui ne sait vraiment pas que « l’attachement » et « l’entrave » ce n’est pas du tout la même chose, fuyez !
Lecteurs, rares mais chéris aussi, si vous voyez approcher une femme avec de l’amour plein les yeux mais des clefs plein les mains, barrez vous !
09:38 | Commentaires (13)

