samedi, 22 novembre 2014
L’amas zone…
Pendant que les deux autres continuaient leur conversation et semblaient ne pas s’ennuyer du tout, j’écoutais « maigrelette » me raconter que si elle avait passé un chouette moment de calme quand ses parents étaient partis avec sa sœur et son petit frère, elle commençait à s’ennuyer ferme.
- Oui, vous comprenez, la télé n’est pas une compagnie.
- Je n’en sais rien, je n’ai pas la télé.
Elle me jeta un regard étonné et insista :
- Ça brise le silence mais ce n’est pas une compagnie.
Je commençai à entasser plein d’idées pour qu’elle ait de la compagnie. Mes pensées avaient dû un peu déborder du côté de mes yeux car elle me lança un coup d’œil soupçonneux.
Je repris un air « petit garçon bien sage » et continuai à la détailler.
J’ai fait bien attention à ne pas baver d’envie en considérant la pâleur d’une peau qui prenait grand soin d’éviter le soleil. Le col ouvert de son chemisier découvrait le début de salières assez peu prononcées pour donner envie de les embrasser.
Bref, elle avait un corps comme le visage. Des traits minces mais tentants et plutôt délicats, des yeux bleus assez jolis.
Non, très jolis.
Pour autant qu’il m’en souvienne, et il m’en souvient bien, elle avait une coiffure dite « carré » qui ne lui arrivait pas tout à fait aux épaules, histoire de permettre à celui qui en aurait le droit d’embrasser facilement son cou.
Elle avait aussi une mèche qui la gênait parfois et elle dégageait son front d’un mouvement de bras qui me plaisait bien.
Tout, c’était bien beau mais son diabolo menthe diminuait dans son verre et il allait bien falloir que je trouve une idée qui l’intéresse…
J’ai demandé à la cantonade, inconscient que j’étais des dures réalités de la vie de certains :
- Et demain, on fait quoi ?
Mon pote et « boulotte » m’ont regardé et dit avec un ensemble parfait « Ben on travaille ! »
J’ai regardé « maigrelette » qui a dit :
- Rien… Je ne fais rien…
- Si vous voulez, on peut faire rien mais ensemble.
- Vous n’avez rien de plus palpitant comme proposition ?
Je me suis contenté de sourire. Elle a haussé les épaules.
- Le lundi, la plupart des cinémas sont fermés mais ont peut se balader, je connais assez bien Paris.
- Moi aussi, j’y suis née.
- Vous habitez dans quel coin de Paris ?
- Le XVème. Vers Sèvres-Lecourbe. Et vous ?
- Le IIIème, vers l’Hôtel de Ville.
Les deux autres ont demandé « On y va ? ».
« Boulotte » a dit « tu viens ? »
« Maigrelette » a dit « une minute… » à « boulotte » et à moi :
- Alors ?
- Odéon, 13H ?
- Hon hon…
J’ai eu chaud. Ça ne sentait pas l’enthousiasme mais je n’avais pas, du moins pas encore, enfilé la veste du siècle. C’était déjà ça.
09:43 | Commentaires (7)

