samedi, 24 janvier 2015
Le calme art n’est pas encore né…
Hier, lectrices chéries, Heure-Bleue et moi sommes allés à Paris.
« Waouuuhhh !!! » vous exclamez vous devant la nouvelle ébouriffante.
Bon, faut relativiser quand même, il ne s’agissait que de prendre successivement deux bus pour aller là où nous allions.
Nous étions partis pour profiter de la seule chose qui rende la vie du Français moyen supportable : Un peu de superflu.
Où trouver du superflu joli et abordable dans un cadre agréable où l’on n’est pas harcelé par des annonces intempestives de promotions sans intérêt ?
Au Bon Marché.
Dans sa librairie nous nous sentons au calme.
D’ailleurs, aller « là où tout n’est qu’ordre et beauté, luxe, calme et volupté » est réconfortant.
Pour le prix de trois bouquins de poche et d’un « tatin de tomates » qui trouera l’estomac de la lumière de mes jours, nous passons un délicieux moment.
Y aller et en revenir me confortera quant à moi, qui suis frileux comme une vieille chatte, qu’il n’y a vraiment que deux types de bus, celui qu’on vient de rater et celui qui n’arrive pas…
Malgré tout, la population dans les transports publics semble être l’exemple de la « réserve naturelle ». Nul besoin d’aller dans de lointaines contrées pour y trouver un spectacle sans cesse renouvelé.
Le bus est une véritable merveille de ce point de vue.
Le voyage de retour n’a déçu aucun de mes espoirs.
Lorsque nous sommes montés dans le 84 à Sèvres-Babylone, la foule des voyageurs était clairsemée et une jeune blondinette, à vue de nez pas plus de 450 grammes avec le sac à main, papotait avec le machiniste et vérifiait nonchalamment que les voyageurs « validaient leur titre de transport ».
Peu avant la Concorde est monté l’exemplaire attendu du « moi à leur place je ferais plutôt comme… »
Il a commencé par apostropher la blondinette « Votre ligne est très mal gérée ! »
- Écrivez, monsieur, il y aura un retour…
- Je vais leur dire, moi, comment on fait, il faudait peut-être que les bus aillent tous là où ils doivent !
- Je vous le dis, monsieur, écrivez, il y aura une réponse.
J’attendais, j’étais sûr qu’il me donnerait l’occasion…
- Oui ! Tous les bus devraient aller jusqu’à la Porte de Champerret !
Ouais ! La voilà. Alors j’ai dit au type.
- Tout le monde doit aller à la Porte de Champerret ? Mais ceux qui n’habitent pas là-bas ?
- Mais ! Tous les bus doivent aller Porte de Champerret !
- Mais non, si on habite à la Nation ?
La blondinette est intervenue.
- C’est vrai, ça, si on habite l’Est parisien on ne passe pas par…
- N’empêche, cette ligne…
J’ai repris :
- Oui mais…
Heure-Bleue m’a arrêté, c’était dommage, le type s’énervait, une dame de sa rangée souriait.
J’étais sûr que j’arriverais à le saouler mais Heure-Bleue n’a pas voulu.
La blondinette était contente. Le mec faisait la tête.
Ce fut un beau voyage.
Cette journée fut parfaite.
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