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vendredi, 17 avril 2015

Sensibilisation à l’utilisation des caractères latins dans le but de communication entre organismes mammifères de caractéristiques biologiques humaines.

Autrement dit « Apprentissage de l’écriture »...
J’hésite entre le ludiverbisme involontaire  et le verbiage tout con.
Celui qui bouche le vide de la pensée avec des mots que l’on entasse, serrés au long de phrases interminables qui donnent l’illusion d’être Proust alors qu’on n’est que bavard.
Et là, vous avez affaire à un expert, lectrices chéries…
Je le dis avant que l’une d’entre vous me le jette à la figure.
J’en connais une que ça démange et comme je sais qu’elle ne peut pas se retenir d’envoyer des méchancetés, je lui gâche l’occasion.
Pour en revenir à ce verbiage, même une journaliste de France-Inter a ri ce matin à la dernière trouvaille des équipes de Najat Vallaud-Belkacem :
« Apprendre à se déplacer de façon autonome en milieu aquatique. »

Eh bien oui, lectrices chéries ! C’est ce qui remplace le mot « natation » à l’Education Nationale !

Déjà, mercredi, en rentrant à la maison, j’appris que le train ne part plus.
Qu’entendis-je ? Qu’ouïs-je ? Qu’entravai-je en empruntant la passerelle après être descendu du train ?
L’habituel «  Attention au départ du train. » ?
Que nenni ! De ces haut-parleurs qui me pourrissent la vie entre six heures du matin et minuit quand il y a des troubles de trafic est sortie cette merveille de la langue administrativo-politique dans ce qu’elle a de plus ligneux :
« Mesdames et messieurs les voyageurs, le train entre en procédure de départ ».
Oui lectrices chéries, la SNCF me cause comme ça désormais.
Je me demande si, au lieu d’envoyer les enfants à l’école, on ne devrait pas plutôt y renvoyer les grands –j’ai failli écrire « les adultes » optimiste béat que je suis-.
J’allais oublier cette perle ferroviaire quand la série continua hier matin avec une dame de l’Éducation Nationale est intervenue dans le débat sur la probable disparition de l’enseignement du latin et du grec.
Elle s’est inscrite en faux contre l’affirmation un professeur qui disait que ces deux langues disparaissaient insidieusement de l’enseignement alors qu’elles facilitaient l’apprentissage et l’acquisition des langues à commencer par le français.
N’importe qui s’étant tapé « ses humanités » vous dira que pour ce qui est de connaître la grammaire, ces sal…peries de déclinaisons sont incomparables. En outre, si vous apprenez l’allemand, le russe ou le grec moderne, ça vous sera utile.
Eh bien, la dame n’était pas d’accord.
Elle a insisté en disant « mais monsieur, je ne peux pas vous laisser dire ça, il y a désormais des « cours de sensibilisation aux cultures et langues antiques » tout de même ! »
Là, elle m’a assis.
D’abord parce que je ne voyais pas ce que pouvait être la « sensibilisation aux cultures et langues antiques » chez un enfant de sixième ou de quatrième déjà que chez eux, « antique » ça commence avec le professeur..
Et je me suis demandé quelles « langues antiques » autres que le latin et le grec on pouvait bien enseigner au lycée vu qu’on n’avait aucune chance d’y apprendre le sumérien ou le babylonien...
Bref, comme n’importe quel habitué des cabinets ministériels, cette brave dame maniait au moins une langue avec brio : La langue de bois.
En revanche il va lui falloir encore pas mal d’heure de cours avant de savoir nous prendre pour des andouilles sans être repérée dès la première phrase.
A part ça, lectrices chéries, vous ne trouvez pas qu’il y a des baffes qui se perdent ?