Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

vendredi, 12 juin 2015

Je suis plutôt preste, à terre…

Comme chaque année, lectrices chéries, il y a des choses qui reviennent avec les jours, les mois, les saisons.
Non, il n’y a pas que les impôts, n’allez pas croire des choses comme ça.
Depuis plusieurs jours ça me frappe le nez.
Délicatement.
Les tilleuls…
Oui, dans mon coin les tilleuls parfument ma rue.
Oh ! Pas partout, non ! Seulement en passant devant certaines maisons ou à de rares endroits de la « coulée verte ».
Avant-hier déjà, en suivant Merveille, ça m’avait chatouillé le nez.
Il n’y a pas, dans la « coulée verte », de tilleuls, ça vit très vieux mais ça pousse trop lentement.
Il n’y a de tilleuls que dans les jardins de certaines vieilles maisons que l’on peine à deviner derrière les bouquets d’arbres et les buissons de ronces et de chèvrefeuille.
Aussi, pendant plusieurs semaines il n’y eut que peu d’odeurs, assez délicates pour passer pour un parfum, à me caresser le nez.
Avant ces semaines, il y avait les acacias puis, leurs fleurs fanées, plus rien jusqu’à ces temps ci.
Et bientôt, ce sera le chèvrefeuille.
Pas l’essence à la senteur exagérée des parfums industriels.
Non, le vrai, celui des buissons qui habillent en certains endroit les côtés du chemin qui longe la  « coulée verte ».
Pour sentir quelque chose d’agréable, une fois l’eau de toilette évanouie, il n’y avait guère, il y a peu, que les rares seringats de l’avenue entre deux vagues de scooters.
Enfin, pour quelques temps, les tilleuls sont revenus me remplir la cervelle de souvenirs de dortoir, de pension
Du coin de ciel que je voyais de mon lit
Chaque année, si je prends un an de plus, il y a au moins ce moment, lectrices chéries, où j’ai six ans au plus.
Ça ne paraît pas, mais c’est toujours bon à prendre.
Et ce matin, les pluies de la nuit font que mon coin embaume jusque dans le séjour.
Les senteurs de fleurs et le parfum des tilleuls de la maison un peu plus loin me transportent en un endroit où je ne me suis pas amusé tous les jours mais où je ne me rappelle pas avoir eu un instant mal au genou droit…
Je crois bien qu’il y aura cinquante ans ce mois ci que je me suis esquinté ce fichu genou.
Mais il fait si beau et ça sent si bon…