lundi, 15 juin 2015
Dimanche et quatre sets…
Hier, Heure-Bleue et moi sommes allés déjeuner chez Imaginer et « Chéri ».
C’est donc hier que je me suis rendu compte soudainement que nous avions perdu une habitude de Parisien.
Oui lectrices chéries, nous sommes arrivés à l’heure !
Alors que tout vrai Parisien sait que ça fait plouc de se rendre à une invitation avec moins d’une demi-heure de retard…
Heure-Bleue et moi n’en sommes pas encore revenus.
En y réfléchissant bien, ça doit bien être la première fois que ça nous arrive.
Bon, honnêtement, ce n’était pas entièrement notre faute.
Tout ce voyage était un rêve de planificateur. Le train est arrivé au moment où nous mettions un pied sur le quai.
A peine remontés les cent mètres de la rue de Rome qui nous séparaient de l’arrêt du 80, celui-ci est arrivé. En passant sur le pont qui surplombe le cimetière de Montmartre, alors le bus s’arrête un instant, un je ne sais quoi me remue, un souvenir sans doute.
Là, la lumière de mes jours me dit « on devrait le parcourir, Minou, il y a des gens intéressants qui sont enterrés là ».
Ça je le sais bien… Trop bien…
Le 80 nous a amenés rapidement à « Custine-Mont-Cenis » et Heure-Bleue a pesté car la rue est très pentue et qu’elle préfère monter que descendre.
J’ai eu un soupir –discret le soupir, je connais Heure-Bleue- quand j’ai vu qu’Imaginer et Chéri habitaient là où dans mon enfance se tenait le cinéma « Le Marcadet Palace ».
J’y avais vu des tas de films où on se tirait dessus à coup de Colt, s’étripait à coups de lance, s’éventrait à coup d’épée, et où plus tard, même à l’entracte, on s’embrassait à « bouche que veux tu ».
Je supputais, à la lecture du blog d’Imaginer, que « Chéri » était un fin cuistot.
Le mot est faible mais je confirme.
La balance aussi.
Du coup, mes papilles me poussent à encenser « Chéri » tandis qu’une panse d’archevêque arrivée là brutalement me pousse à le haïr…
« Chéri » a une discothèque de vinyles qui me laisse rêveur, une discothèque de CD qui me laisse pantois et une collection de cassettes qui me laisse ébloui.
Il m’a permis de gagner haut la main un pari engagé avec la lumière de mes jours à propos d’une musique de film.
Elle n’aurait pas dû parier là-dessus, j’ai vu « M le maudit » plusieurs fois quand j’étais gamin, alors, hein…
Le déjeuner avait très bien commencé car je me suis illustré dès l’apéritif .
En voyant mon hôte mettre du Jack Daniels « Single Barrel », l’émotion m’a saisi, car je suis très émotif surtout dans ces cas là.
Du coup, alors que je n’avais encore rien bu j’ai renversé mon verre.
Imaginer a été parfaite. Contrairement à une Heure-Bleue qui aurait sauté sur l’occasion, elle ne m’a pas engueulé…
Puis le déjeuner est arrivé, délicieux. Absolument délicieux. Et, pour la première fois depuis 1995, j’ai bu un digestif.
Vous vous rendez compte, lectrices chéries ? Un digestif !
Ce déjeuner s’est terminé tard, très tard.
Nous étions dans un état un peu « cotonneux », le genre de coton qui coûte six points…
Quand nous sommes revenus à la maison, les vapeurs s’étaient suffisamment dissipées pour apprécier pleinement « Dans la maison » de François Ozon…
Un chouette film. Un chouette dimanche.
Vraiment…
10:31 | Commentaires (11)

