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jeudi, 18 juin 2015

Charité bien ordonnée…

Apparemment ne commence ni par les autres ni par soi-même...
J’allais ce matin vous parler de Merveille, lectrices chéries.
Mais quelque chose a attiré mon attention en écoutant la radio.
Ça a soulevé quelque indignation chez moi.
Oui, lectrices chéries, j’ai mal aux os mais je m’indigne encore comme un gamin.
Affaire d’éducation, sans doute...
Je me suis dit alors que ceux qui revendiquent si haut, si fort et si mal à propos « les racines chrétiennes de l’Europe » devraient se couvrir la tête de cendres et regarder le bout de leurs chaussures en prenant un air emmerdé tout à fait de circonstance.
Oh, ça va être moins drôle que la mauvaise humeur de Merveille qui m’a rappelé une femme au boulot, hélas dotée d’un « caractère de mince » si prononcé qu’il lui avait valu le sobriquet délicat de « SPMC »…
(Si vous ne savez pas, ce qu’est « SPMC » lectrices chéries, je vous expliquerai…)
Non, lectrices chéries, ce ne sera pas drôle et j’irais jusqu’à dire que ça me fait honte.
Oui, il y a des jours, comme ça où être un ressortissant de la communauté la plus riche du monde n’est pas une sinécure morale.
Il appert hélas que c’est aussi la plus pingre, la plus pleutre et qu’elle n’est même pas capable de s’apercevoir qu’elle se tire une balle dans le pied en ne se rendant pas compte que dans la guerre qu’elle mène contre la barbarie, elle  repousse ses alliés…
Il suffit de voir la Jordanie qui compte huit millions d’habitants accueillir six-cent-mille personnes qui ont fui devant l’EI ou l’armée syrienne.
De voir aussi la Turquie, soixante-dix-sept millions d’habitants, accueillir un million huit-cent-mille de ces fuyards.
Et de constater avec un certain effarement qu’une Europe, si prompte aux leçons de morale, qui se vante de « ses racines chrétiennes » piétine sans retenue les racines en question.
Parce que, quand on est cinq-cents millions, hurler à l’invasion quand cent mille victimes d’égorgeurs divers s’échouent sur nos plages, je trouve que ça devrait faire redescendre le Christ de sa croix et le pousser à prendre son baluchon et s’en aller en maugréant « tristes cons, vous n’avez vraiment rien compris… »
Il n’y aurait pas des recommandations, dans « ces racines chrétiennes » qui parlent de trucs du genre « aimer son prochain comme soi-même » ou « pratiquer la charité » ?
Même moi qui n’ai pas grand’ chose à cirer de cette affaire, j’avais déjà remarqué que Balzac, en écrivant « Le curé de Tours » peignait assez bien ce que je pensais des religions en général et de leurs représentants en particulier.
Et je trouve finalement plutôt drôle que ce soient des musulmans qui montrent à l’Europe comment pratiquer le christianisme…
Heureusement, histoire de rire franchement, il y a une Hongrie qui s’était déjà illustrée en matière d’antisémitisme et qui imite Israël en bâtissant un mur de centaines de kilomètres pour empêcher « l’invasion des étrangers ».
Nous sommes de vieux pays.
Je ne pensais pas que nous étions devenus des pays de vieux.
Timorés, égoïstes, frileux, pingres et pleutres…
Comme dit le « New York Times » d’hier à propos des Républicains « Comment pouvez vous envisager l’avenir en agissant comme par le passé ? »