dimanche, 28 juin 2015
La race des seniors...
Berthoise et Brigitte me poussent à éclaircir quelques point à propos de mon père et de sa descendance.
En famille, mon père nous faisait souvent rire et il aimait ça.
Jamais en faisant le clown, ni des grimaces, non. En nous parlant des gens de notre quartier et en nous racontant des histoires.
Il aimait nous donner des « leçons de choses », ce truc qui existait bien avant « De natura rerum » et existera bien après les « cours de SVT ».
Nous quatre avons de lui appris des choses sur les fleurs, qu’il aimait, et les étoiles, qui le passionnaient, d’une façon autrement palpitante que dans les livres ou à l’école.
Il nous en a aussi appris pas mal sur la pêche à la ligne.
Notamment qu’on ne met pas un pied sur une barque mal attachée alors que l’autre est resté sur la berge.
Il nous a prouvé, exemple à l’appui, qu’il est toujours hasardeux de lancer sa ligne quand il y a plein d’arbres ou de lignes téléphoniques dans les environs proches.
Là, honnêtement, il pestait sévèrement. C’est comme ça que mes sœurs et moi avons appris nos premiers jurons.
En outre toujours à propos de pêche, le chemin était toujours montant, sablonneux, malaisé et terriblement long pour atteindre l’endroit où selon lui « vous allez voir les enfants, c’est plein de gardons qui n’attendent que moi pour sauter tous seuls dans la bourriche ! »
Mon père était effectivement quelqu’un de drôle, de cultivé et de charmant en société.
Quoique…
Il lui arrivait hélas de se réveiller le matin « avec l’idée d’emm… le monde », dixit ma mère.
Elle faisait preuve alors d’une patience que je ne lui ai connue avec aucun de ses enfants.
Nous avons appris plus tard que sa vengeance s’abattait les jours suivants avec une efficacité redoutable…
Il arrivait parfois à mon père que sa conception du sérieux fût un peu bancale.
Là, le connaissant, c’est quand il avait l’air absolument sérieux que ma mère se méfiait le plus.
Et à juste titre, même si elle s’y laissait parfois prendre, comme avec cette histoire de boulette...
Brigitte soulève donc un des points les délicats de la personnalité familiale mâle.
L’air sage est une spécialité.
Ça nous a servi à tous.
Que ce soit mon père, son fils ou l’Ours.
Si vous saviez comme on avait l’air sage, lectrices chéries !
On nous aurait donné le bon dieu sans confession…
Mon père, aux dires de mes tantes était, comme son frère, le plus jeune de la famille, un gamin infernal. Seule ma grand’ mère avait toujours trouvé que « Non mais tu as vu comment mon Gaby c’est un ange ??? »
Quant à ma mère, soyons honnête, elle ne l’a non seulement jamais trouvé sage mais ne lui a jamais trouvé l’air sage.
Son fils unique avait l’air sage et même sérieux mais les avis des gens qui se sont chargés de mon éducation divergent salement sur la question.
Ne parlons pas de l’Ours dont l’air angélique cachait « une âme de pas sage du tout » remarquée par la directrice de l’école dès le CE1…
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