samedi, 18 juillet 2015
Le ventre de Paris.
Les réactions diverses de lectrices à la note d’Heure-Bleue relatant notre rencontre avec des personnages devenus plus ou moins des parias, célèbres mais parias tout de même, me remet en mémoire un de ces moments de la vie politique parisienne.
Au début des années 1980, il y eut l’élection des maires d’arrondissement à Paris au suffrage universel.
Pour je ne sais quelle raison eut lieu un soir une manifestation de soutien au RPR.
Oui, plus exactement, non l’UMP n’existait pas encore.
Cette manifestation se déroula à deux pas de chez nous, rue Beaubourg et partit de la République pour atteindre l’Hôtel de Ville.
Un ami et voisin de la rue du Grenier Saint Lazare me rejoignit.
C’était un homme extrêmement bien élevé et pour tout dire, comme votre serviteur, assez bégueule.
Nous avons regardé la manifestation s’écouler sous nos yeux, il y avait peu de slogans.
Le manifestant conservateur, du moins à l’époque où il était assez BCBG, ne hurlait pas comme le gauchiste, qu’il fût partisan de Georges Marchais ou d’Arlette Laguiller.
Le manifestant conservateur gardait cette dignité de notable qui, même à Paris, lui donnait ce côté province qui rassure si bien « les marchés ».
Il y eut malgré tout un accroc à la bonne éducation du coin.
Quelques huées se firent entendre, venant des trottoirs quand monsieur Dominati vint à passer, qui s’était signalé à l’attention des gens du quartier et de la justice pour de sombres histoires immobilières.
Il passa assez dignement je dois dire.
Mon ami le siffla. Je hurlai « bandit ! »
Hélas, un des soutiens de ce monsieur Dominati l’accompagnait.
Nous avons reconnu monsieur et madame Tiberi
Connus eux aussi pour d’autres malversations, électorales celles-là.
Ils nous entendirent et ça ne leur plut pas.
Sortant de son quant à soi, plutôt facilement nous sembla-t-il, monsieur Tiberi nous jeta à tue-tête « allez vous faire enc… »
Bien entendu nous n’y allâmes pas mais mon ami, qui ne fréquentait pas le monde de l’industrie, resta interloqué.
Il osa jeter assez fort « Mal élevé !!! » puis se tourna vers moi :
- Mais tu te rends compte ? Il nous a envoyé…
- Bon, on n’est pas obligé d’y aller non plus, hein…
- Mais quand même, Le Goût !
- Et tu croyais quoi ?
- Ben qu’ils ne disaient pas de gros mots ! Il y a des enfants quand même dans la foule !
Nous avions des enfants petits et leur éducation nous importait.
Oui, nous étions comme ça, à l’époque, plutôt bien élevés…
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