dimanche, 13 septembre 2015
Si toi aussi tu m’abandonnes…
Bon, j’avoue que ce matin je suis d’humeur taquine...
Ouf ! Nous voilà sauvés !
Le train ne sifflera pas trois fois vers chez nous…
J’en connais qui, totalement rassurés j’en suis sûr, vont pouvoir sombrer ce soir dans un sommeil réparateur.
Un sommeil duquel seront absents tous ces cauchemars qui les assaillent depuis deux semaines.
Ces cauchemars peuplés de hordes de réfugiés censées se répandre sur notre pays pour en abuser de tous les bienfaits.
« Tu n’es qu’un emmerdeur ! » me jette la lumière de mes jours à qui je viens de dire ces quelques mots.
Ouaip, lectrices chéries ! Si j’en crois la radio, les craintes qui les paralysaient semblent avoir disparu.
Cela dit, à écouter la nouvelle ce matin, à leur place, j’aurais l’enthousiasme quelque peu douché.
Pour mon compte je suis même carrément vexé de voir que mon pays, contrairement à un bruit répandu par une bande de frileux xénophobes, n’est pas très attirant.
Il semblerait même que mon pays ne soit pas tant un pays de Cocagne qu’un bled si engourdi que ça semble, même à des gens d’âge mûr, ce qu’on appelle « un enterrement de première classe ».
Salauds de réfugiés ! Sont même pas accueillis qu’ils sont déjà ingrats !
Ils prétendent même que nos allocs et notre Sécu ne les intéressent pas !
Non mais quel culot !
Bon, il faut avouer que notre proposition d’aide est assez bizarre qui consiste à les mettre dans des endroits où les regarderont de travers, non les SDF qu’on aura laissés dehors, mais ceux qui sont scandalisés parce que ces SDF sont dehors alors que les arrivants seront parqués.
Ceux qui, avant le chavirage du canot déclencheur de la réaction, regardaient les SDF en grommelant entre leurs dents « encore un ivrogne en train de boire le RSA que je finance avec mes impôts » les regardent désormais comme les participants injustement perdants de la loterie de la charité…
Les SDF en question vont devoir se méfier de nouveau, la commisération dont ils font aujourd’hui l’objet devrait bientôt s’évaporer.
Quand se sera répandu partout, même sur TF1, la nouvelle que ces salauds de réfugiés dédaignent notre France éternelle, grande et généreuse, nos réfugiés intérieurs perso vont pouvoir retrouver leur rôle habituel de parias…
Tout ça me rappelle un samedi matin, dans la librairie d’Heure-Bleue, une dame un peu essoufflée et assez pressée est entrée.
- Bonjourrrr madame, vous avoirrr Figarrrro Madame ?
Et mon Heure-Bleue de répondre :
- Non madame, la maison de la presse est là-bas, au feu rouge.
- Merrrci madame, parrrce que vous savez, Figarrrrro Madame rrraison, trrrop étrrrrangers en Frrrance…
Quand même ! Ils ne sont même pas arrivés et déjà en train de se plaindre que le pays n’est pas assez bien pour eux !
Finalement, ces étrangers avaient tout pour être de vrais Français…
09:45 | Commentaires (21)

