dimanche, 27 septembre 2015
L’élan beau de ma vie...
Vendredi, je suis allé seul à Paris retrouver un ami.
Nous avions rendez-vous car il avait des tas de choses à me raconter et nous devions allez voir une expo photo à la Maison Européenne de la Photographie après déjeuner.
« Rien de bien passionnant » vous entends-je soupirer, lectrices chéries.
L’aller a commencé par une saynète intéressante sur le quai de la gare.
Quai en plein vent, sous un soleil radieux et un temps assez frais où une femme est arrivée tenant en son bec un… mégot.
Une autre, assise sur un banc, est illico arrivée pour lui signifier d’un ton aigre « il est interdit de fumer, madame ! »
La fumeuse lui a jeté un regard noir et a continué à téter sa cigarette.
La râleuse a insisté, lui expliquant qu’elle aussi avait fumé et que patati et patata…
Le regard de la clopeuse est devenu carrément tueur et la repentie du tabac s’est écrasée, est repartie vers son banc en maugréant.
C’est là que je me suis fait la réflexion que les pires non-fumeurs sont ceux qui ont cessé de fumer.
Chaque fois ça me fait penser à ces filles de joie à la retraite qui sombrent dans la bondieuserie.
Avec l'ardeur du néophyte, toujours prompt à la fatwa, ces ex-fumeurs condamneraient volontiers à mort ceux qui se font serrer à cloper dans les couloirs du métro.
Arrivé à Saint Lazare, j’ai pris le 29 pour aller vers la Rue Vieille du Temple proche de mon rendez-vous rue des Mauvais Garçons.
Oui, il y a des rues qui s’appellent comme ça dans ma ville préférée.
Nous avons déjeuné, mon ami et moi, en approfondissant nos désaccords habituels puis nous sommes allés à une boutique où on vend des appareils photos « de gosses ».
Des répliques en « plastique pleine fleur » d’appareils argentiques disparus.
J’en ai vu un, blanc et doré de partout, un faux Pentax des années soixante, un véritable chef d’œuvre de l’art pied noir…
Mon copain avait un problème avec une copie de « Lomo ».
Ça s’est heureusement bien terminé sinon la boutique aurait perdu au moins trois clients.
Alors que j’avais été plutôt gentil, mon ami m’a dit que j’avais fais « une remarque désagréable à ce pauvre commerçant ».
Après avoir expliqué au « pauvre commerçant » que son appareil avait flingué trois pellicules –33 € le bout quand même…- ledit « pauvre commerçant » a pris l’appareil. A pris deux photos. La troisième fois que le déclencheur à fonctionné, mon ami, embêté a dit « bon.. Mais je vous assure… »
Le « pauvre commerçant » a commencé « vous voyez, c’est pas sorcier quand même, c’est que vous… »
J’ai dit à ce moment là :
- Continuez, sinon ça va faire comme ma chasse d’eau…
- Ah ?
- Oui, elle se coince assez souvent, le plombier est venu…
- Et alors ?
- Il a fait comme vous, ça a marché trois fois et c’est tout juste s’il ne nous avait pas expliqué qu’on ne savait pas pisser. A notre âge…
- Ah…
Il a tenté de prendre une quatrième photo.
Coincé. Une cinquième. Re-coincé.
Il a pris un appareil neuf et l’a tendu à mon ami.
Je lui ai jeté un regard explicite.
Il a sorti l’appareil, l’a essayé, l’a remballé et rendu à mon copain.
Qui n’a pas osé lui réclamer les trois pellicules…
Ce fut un bel après midi qui se solda par la réparation de la fibre optique qu’avait cassée le type de chez l’agrume venu connecter notre voisin.
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