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jeudi, 26 novembre 2015

Je ferai du beau avec du lait.

Ça faisait deux jours.
Le suspense devenait insupportable.
Chaque repas me voyait inquiet, attendant que se produise l’évènement qui confirmerait l’inéluctable.
L’évènement qui prouverait que, malgré la mode « complotiste » qui remet ces temps-ci en cause les choses les plus établies, il en est d’irréfutables.
Ce soir enfin, l’attendu se produisit.
Lectrices chéries, vous ai-je déjà parlé d’un pull bleu layette ?
Mais si, rappelez vous.
Ce pull qu’Heure-Bleue adore mais ne peut habituellement porter plus de deux heures.
Eh bien, malgré les louvoiements du sort.
Malgré la prudence d’Heure-Bleue.
L’attendu autant que prévisible s’est produit.
Rond.
Un cercle presque parfait.
La marque de la destinée inéluctable.
Sa texture ?
Douce, soyeuse.
Sa composition ?
Du beurre.
Du vrai, du fondu, du qui adoucit la soupe déjà somptueuse de la lumière de mes jours.
Et placé… Holààà… Pfiouuu… Une merveille.
Ce pull bleu layette, dit « pull à taches » est un pull à col « en V ».
Où donc croyez vous lectrices chéries, qu’atterrit cette gouttelette ?
Pile sous la pointe du col.
On eut dit une broderie, faite toute exprès pour souligner la vocation du pull.
Que dis-je, la vocation, son destin irrévocable.
Tout de même, les fondements d’un univers que je pensais stable, gouverné par des lois de la physique que je pensais inébranlables, viennent de trembler.
C’est la première fois depuis des années que je vois ce pull rester immaculé plus de deux heures.
Au soir du troisième jour, le fait nous ramenant à la normalité se produisit enfin.
Mais trois jours, lectrices chéries, trois jours...
Si les vérités les plus solidement établies font défaut, je vous le dis, les temps sont venus.
Moi qui pensais que l’eschatologie était un truc de gogos lancé par Saint Jean un jour où il avait le moral dans les chaussettes…
Je vais devoir me plonger dans la lecture de ses exégètes.
Oh pis non ! J’ai quand même un gâteau à faire pour Marie-Madeleine.