dimanche, 20 décembre 2015
Mon petit bandit né roux.
Je sais Berthoise, ne dis rien, j’ai déjà honte…
Ce matin, lectrices chéries, je me suis réveillé tard.
Plus exactement j’ai été tiré des bras de Morphée, celui des rêves, pas d’Hypnos, celui du sommeil, par le téléphone d’Heure-Bleue.
Et pourquoi ça ?
Parce que ce téléphone sonne deux fois par jour, à neuf heures et à dix-neuf-heures.
C’est resté comme ça bien que la lumière de mes jours et moi ne prenions plus de ces médicaments qui évitent la mort dans 10% des cas et pourrissent la vie de celui qui les prend dans 100% des cas.
Ça nous sert surtout à nous dire le soir « Tiens, c’est « tutu time », il est sept heures ! »
Le matin, ça nous sert surtout à nous dire « mais où est ce foutu téléphone ? Ah… Encore dans la chambre… »
Il est rare, lectrices chéries, que je dorme aussi tard.
Mais c’est parce que je me suis levé plus tôt que d’habitude et qu’une de ces douleurs censées me démontrer que passé cinquante ans, je suis encore vivant, m’a empêché de me rendormir rapidement.
Comme toujours dans ces cas là, je tâtonne autour de moi pour toucher la peau de « ma rouquine aux cheveux gris ».
Comme toujours on achève de me réveiller en m’envoyant bouler d’un « dodo, Minou » et d’un coup de pied.
Du coup, je pense.
Ma douleur d’un coup s’aggrave.
J’en étais sûr, j’ai un de ces cancers monstrueux qui vont me rendre épouvantable à regarder et va m’achever dans d’atroces souffrances.
Je me tourne en soupirant.
Ma douleur disparaît.
J’avais mal au poignet.
Je me dis que le cancer du poignet est plus rare alors je me rendors sur une pensée leste à propos de l’usage du poignet…
Et je suis sorti du sommeil par ce foutu téléphone.
Mais je suis super content, Heure-Bleue s’est levée une minute avant moi, c’est exceptionnel.
J’allume le chauffage et prépare son petit déjeuner.
Un regard par la fenêtre me convainc que j’ai raison d’être heureux.
Le ciel est bleu.
Je suppose que la mer est verte…
Mais je ne laisse pas la fenêtre ouverte.
Non, non, non...
En attendant, il fait quasiment beau, seules quelques écharpes de brume tentent vainement de faire croire que ce n’est pas le printemps.
Elles n’y arrivent pas.
J’aime bien.
Dès ce soir, les jours allongent.
Le printemps approche, le vrai, je le sens.
Vous ne trouvez pas ça bien, lectrices chéries ?
Bon, il va falloir que je change le lit et l’enveloppe de couette.
J’aimerais bien voir mon petit bandit né roux se battre avec la couette mais je vais devoir m’y coller…
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