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samedi, 30 janvier 2016

Vieux et Moshe…

Hier, j’ai été terriblement frustré.
Je déteste qu’on caviarde un film.
En veine de culture, Heure-Bleue et moi sommes allés au Musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme voir l’exposition sur Moïse.
Comme toujours, j’emprunte la porte de gauche et passe un moment devant les photos qui me montrent un Paris tel qu’il était encore en 1967.
Je repense un instant à ce qu’était l’hôtel Saint-Aignan quand je suis venu habiter à côté.
Une ruine habitée par de pauvres gens qui ne le dégradaient pas mais se contentaient d’y vivre sans payer de loyer. Je ne sais pas comment ils s’éclairaient et se chauffaient mais il n’y eut pas de problème à ma connaissance.
Puis je vais sur les dalles et m’avance dans l’escalier monumental qui mène à l’exposition.
Là, je reste figé ! Je recule de cinquante huit ans.
Vous pensez si je m’en souviens, lectrices chéries !
Mettez vous à ma place. Je vois, projeté sur le mur, ce plan où Yul Brynner dans une armure éblouissante fait la gueule parce que les Hébreux s’en vont avec leurs affaires sans un regard en arrière.
J’attends. J’attends en regardant Charlton Heston mener tout son monde à la baguette.
On sent déjà que Josué est impatient d’être calife à la place du calife.
Et j’attends.
Je les regarde avancer tandis que Ramsès ronge son frein.
Et j’attends.
J’attends de voir ce plan où Yul Brynner, malgré une calvitie genre œuf, se prend la tête dans les mains, effondré sur son char tandis qu’on voit des Egyptiens tournoyer avec leur char dans des nuages de bulles, la bouche ouverte d’effroi.
Et paf ! Ça coupe ! Juste avant ! Et ça recommence au moment où Moïse lève sa verge, non pas ça, la vraie, un bâton, au dessus des flots de la Mer Rouge et demande à Adonaï de faire son boulot et de dégager un passage.
Et fissa please !
Déçu, mais curieux, j’ai continué dans l’expo alors que la lumière de mes jours, qui est peu patiente, me traite de gamin…
Je l’ai surprise tout de même par des souvenirs de l’hébreu « bien meilleurs que les miens » m’a-t- elle dit. Nous avons été passionnés par les toiles.
Là encore j’ai été surpris que cette histoire de « buisson ardent » qu’on m’avait enseignée chez mes fous et dont je vous ai déjà parlé, lectrices chéries, ait suscité chez des pointures de l’art pictural la réinterprétation que j’en avait eue à l’adolescence.
J’ai été ravi d’apprendre que, comme votre serviteur, Reuven Rubin ne pensait qu’à ça.
La preuve :

P1291569.JPG

Puis nous sommes sortis et passant devant la rue des Blancs Manteaux.
Là, sans nous concerter, la lumière de mes jours et moi avons entonné avec un ensemble parfait « Dans la rue des Blancs Manteaux », singeant Juliette Gréco.
- Oh ! On se connaît trop, Minou !
- Ouaip ! Faut qu’on connaisse quelqu’un d’autre…
- D’accord mais tu t’en trouves une blindée., moi je trouve un vieux mastic pas loin de défaillir.
- Ouais mais on reste amants, hein…
Elle a levé les yeux au ciel mais ma souri...
Jai bien aimé.