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mercredi, 03 février 2016

Ça fait un moment qu’on sème…

Déjà vendredi dernier, j’avais entendu Valérie Bonneton commenter l’aspect intellectuel de la pièce qu’elle interprète aux côtés de Daniel Auteuil.
Et qu’est-ce qu’elle avait dit, Valérie ? Hmmm ? Qu’est-ce qu’elle avait dit ?
Eh bien, Valérie Bonneton avait dit :
« Faut pas non plus… C’est pas du boulevard non plus, c’est… Voilà… »
Puis, la voix s’éteignant doucement : « Oui… Voilà… »
C’était beau comme une phrase d’André Manoukian.
Vous savez bien, ces phrases dont chaque proposition n’a aucun rapport avec la précédente ou la suivante et qui n’ont pas de chute.
Eh bien, dans le même style, Heure-Bleue m’a un peu surpris hier soir.
Nous étions tranquillement en train de pourrir le bilan carbone du pays en mangeant des avocats délicieux mais importés quand France 2 nous agace une fois de plus en nous assénant une histoire où une activité quelconque n’est vue qu’au travers du pognon qu’elle rapporte à une poignée de déjà très lotis.
Heure-Bleue agacée, digne représentante du prolétariat exploité par une économie léviathan avale sa bouchée d’avocat et lâche :
- Pfff… Mais qu’est-ce qu’ils vont faire de plus ?
- … ?
- Ils vont se coucher plus riches alors qu’ils n’ont qu’un seul cul pour s’asseoir…
Je lève les yeux de mon assiette, un peu dérouté par sa phrase.
Toujours scandalisée, la lumière de mes jours me jette :
- Enfin, non, oui mais tu vois ce que je veux dire.
- J’entrevois, c’est la formulation qui me désarçonne…
Heure-Bleue tente de mettre un peu d’ordre dans sa phrase.
- Quand même, c’est Montaigne qui…
- Il a parlé de s’asseoir, pas de se coucher…
Ça met hélas un peu de désordre dans une pensée pourtant claire au début.
D’approximations en à-peu-près il n’est rien ressorti de précis de notre échange.
Sauf ce fou-rire qui a permis de ramener à sa juste valeur la montagne de fric attendue d’une occupation dont nous avons oublié de quoi il s’agissait.
Sauf qu’il semblait nécessaire d’avoir quatre fesses quand on était très fortuné.