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vendredi, 19 février 2016

Je préfère les confits denses aux cochonneries.

Nous sommes allés jusqu’au Monop’.
La lumière de mes jours avait « envie de cochonneries ».
Il m’arrive de ne pas penser à ce à quoi vous pensez que je pense alors que je n’y pense pas.
Les courses avaient bien commencé avec une Heure-Bleue virevoltant devant des rayons pleins de tentations.
Tandis qu’avec sérieux je mettais dans le panier les petites choses auxquelles elle ne pense pas, auxiliaires nécessaires à la préparation du mets choisi, mon Heure-Bleue cherchait de quoi assouvir son désir.
Ne me regardez pas comme ça.
Il s’agit bien du désir de cochonneries, lectrices chéries, mais non, pas ça…
Elle a jeté son dévolu sur des « pommes de terre sans traitement après récolte ».
Puis, alors qu’elle n’aime pas la charcuterie, elle a traîné un long moment devant le rayon qu’habituellement elle méprise.
Celui des cochonnailles qu’elle appelle « cochonneries », si ce n’est « sal…eries ».
Elle m’a tendu un paquet de saucisses colorées, industrielles et « flashy » en me disant « regarde ce qu’il y a dedans, Minou ».
La lumière de mes jours, qui met un bouquin dans son sac pour aller acheter du pain évite de se charger inutilement de ses lunettes…
J’évite quant à moi de lui demander comment elle lira son bouquin dans le bus avec les lunettes devant l’écran de son PC…
Bref, je prends le paquet de saucisses, le retourne et lis « 58% de viande et de gras de porc ».
Suit une longue liste de produits inconnus sans aucune idée de leur proportion dans le produit fini.
Comme Heure-Bleue, je me demande ce qu’on mange avec les 42% restants et je repose le paquet.
Dommage, les saucisses avaient une forme parfaite et une couleur engageante, un vrai bout de plastique.
Après plein de minutes d’errance devant ce rayon de cochonneries, l’amour de ma vie prend un paquet de saucisses « bio » et me le tend.
« 98% de viande et gras de porc », 2% de sel et autres épices me dit l’emballage.
C’était bien mais du coup pas assez « cochonnerie » alors elle a pris aussi un bout de cervelas rouge vif. Le truc qui brûle les yeux.
Et l’estomac de ma moitié…
Le meilleur de ce dîner, je dois vous l’avouer, ce fut la vinaigrette que j’ai préparée…
Même les pommes de terre avaient un goût qui me rappelait « Ecoles des Frères millésime 1957 ».
Celles qui voyaient mes compagnons de géhenne vider les poches de leur blouse dans les cabinets en sortant du réfectoire.
Oui, on faisait ça en 1957 chez mes fondus…
Là on n’a pas eu besoin mais c’était limite.
Et puis on n’est pas comme les gosses, on ne gaspille pas.
Mais qu’est-ce qu’on aimerait…