mercredi, 16 mars 2016
Certains l’aiment show…

Lundi, j’ai suivi la lumière de mes jours au cinéma.
On a vu « Merci patron ».
C’était assez drôle.
Il y a évidemment ces séquences qui vont à l’encontre du but visé et tuent dans l’œuf ce qu’on pouvait admettre au départ.
Je suis navré, lectrices chéries, mais c’est le genre de choses que je remarque.
C’est comme ça.
Notamment, une séquence ou le pauvre homme réduit à la misère par les décisions de Nanard est dans une telle dèche qu’il se laisse aller à dire, poussé par les crampes d’estomac,
« le mec qu’arrive pas à s’en tirer avec quinze cents €uros par mois, j’y fous un pain, quand j’pense qu’y en a qui s’plaignent avec des trois mille €uros par mois… »
Ça, si ce n’est pas encourager les chefs d’entreprises à limiter les salaires à un RMI et demi pour quarante heures hebdomadaires, histoire d’apprendre au salarié les qualités de la frugalité…
Comme dit Heure-Bleue, c’est « un film militant ».
Il atteint quand même son but.
Il l’atteint même plus que prévu car, en admettant que le film soit réalisé quelle que soit l’issue du combat, Nanard sort perdant.
J’en ai retiré néanmoins l’impression que l’on ne se pose pas les bonnes questions quand on est « sévèrement thuné ».
Quand on y réfléchit un peu, c’est vrai que dans l’esprit du riche, le pauvre est c…
La preuve, tu lui donnes du pognon, au pauvre, il le dépense.
Et c’est la qu’on voit que le riche n’a pas plus de jugeote que le pauvre.
Soit il est malade et fait partie de ceux qui ont un rapport toxicomaniaque au pognon et là, c’est comme un cheval qui s’est cassé une patte, faut l’abattre.
Parce que là, le riche, il en est resté à ce fameux « stade anal », assez mal nommé en somme puisqu’au bout du compte, c’est le pauvre qui l’a dans le cul.
Ou bien le riche est simplement c… parce qu’il aurait pu se rendre compte que si les pauvres dépensent l’argent dès qu’ils en ont, ce blé retourne donc illico dans la poche du riche.
À moins bien sûr que le riche ne soit le cul entre deux chaises, partagé qu’il est entre l’appât du gain et la peur de perdre des sous.
Car n’oublions pas qu’il y a un risque.
Celui que l’argent difficilement lâché par un riche n’arrive dans la poche d’un autre riche.
Celui avec lequel il se bat pour gagner une place dans le classement Forbes.
Nous sommes menés par des gamins nerveux, paniquards et irresponsables qui mènent des guerres de cour de maternelle avec de gros moyens intellectuels et financiers.
Le pire, je vais vous dire, lectrices chéries, c’est qu’il est vrai que pour embaucher, les entreprises doivent avoir des commandes.
Manque de pot, pour avoir des commandes, il faut des clients.
Et pour que les gens soient des clients, il faut qu’ils aient de la thune.
Et les gens ont de la thune quand ils ont un boulot et que les entreprises les paient.
Il est désolant de constater que la « tantine » dont parlait Berthoise ici avait raison de dire « on en arrive à importer des produits fabriqués par des esclaves pour les vendre à des chômeurs ».
Bref, comme disait Ionesco :
« Prenez un cercle, caressez-le, il deviendra vicieux »…
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