vendredi, 18 mars 2016
Voyage en terre inconnue.
On nous avait fait l’article pour un magasin, mon fils et quelqu’un d’autre sans compter les caddies qui empêchent de monter dans le bus tellement qu’y en a.
Un magasin paraît-il super-extra-midable pour les produits frais.
Avec des prix à coller une attaque à l’habitué de Monop’ tellement qu’y sont bas.
On a donc pris le bus pour aller dans une contrée au-delà de la Seine.
Pour tout dire, on a même changé de département.
Un département que c’est quasiment la province.
La province, c’est la banlieue de la banlieue…
On est arrivé dans un coin qui m’a rappelé mes jeunes années.
Le genre de coin qui fait dire à Ettore Scola « Le Christ s’est arrêté à éboulis. »
Le bled que t’as par moment l’impression que la deuxième guerre ne s’est pas arrêtée il y a soixante dix ans mais il y a une semaine.
A peine descendu du bus, la lumière de mes jours à repéré un « Bar Café Tabac Presse » et m’a dit :
- Minou, tu vas me prendre Télérama ? S’il te plaît Minou…
Je ne résiste jamais quand c’est demandé comme ça.
J’ai eu l’impression qu’elle craignait d’entrer dans « un bistrot de voyous ».
J’ai donc obtempéré.
Si la clientèle était effectivement arabe –oui, je sait, on dit « d’origine magrébine »- le tenancier était lui issu de la blanche Cathay.
Quand j’ai demandé :
- Vous avez Télérama, s’il vous plaît ?
Il m’a semblé qu’en fait ils étaient tous de la Lune ou de Mars…
Le tenancier m’a regardé d’un air de dire « mais c’est pas une pharmacie, ici, mon gars ! »
Je suis donc ressorti, ai tendu le bras à Heure-Bleue et nous sommes repartis vers la contrée des produits frais de Cocagne.
Ça a commencé moyennement bien.
Si le temps était printanier à l’extérieur, il était polaire à l’intérieur.
Voyez vous, lectrices chéries, c’est le genre de boutique inverse du Monop’.
Au Monop’ tu entres froid, tu ressors chaud et interdit bancaire.
Là, tu entres chaud, tu ressors froid et ils ne prennent pas les chèques…
Bref, tu viens chercher des tomates, tu sors avec une pneumonie.
Après avoir parcouru des kilomètres d’allées dans un climat sibérien, on a vu que les prix étaient effectivement plus bas qu’ailleurs.
Et pour cause. Je m’étonne qu’ils vendent aux particuliers.
Si tu veux des ailes de poulets, c’est au minimum le carton de quarante-huit ailes.
Quoi que tu veuilles, c’est pour une famille genre ma grand’mère.
Elle avait fait neuf gosses dont ma mère.
Le directeur doit être chinois car on y trouve même du lard halal…
Bref, ce fut un voyage en terre inconnue, quasiment exotique.
La lumière de mes jours, habituée à ses coins de bourges, se demande encore si elle n’aurait pas dû se faire vacciner avant d’aller chercher nos courgettes…
Mais la promenade nous a bien plu quand même…
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