lundi, 21 mars 2016
Sur un air de Lakevio...

Sur le dernier accord de la coda j’ai posé ma guitare sur la desserte et bu une gorgée de café.
C’est en reposant ma tasse que j’ai entendu le claquement des talons sur le trottoir.
J’ai regardé par la fenêtre.
C’est bien elle.
C’est bien son pas que j’ai reconnu.
Je le reconnaîtrais entre mille, depuis le temps que je l’entends.
Tous les soirs, quand je travaille à ma chanson, je suis distrait par son arrivée.
Je l’ai déjà vue souvent mais je n’ose pas l’aborder.
Pas encore.
Ce soir elle est cachée par un parapluie mais je vois bien son sac.
Je le pense trop lourd pour une épaule que j’ai toujours supputée délicate sous son vêtement.
L’éclairage crépusculaire de l’entrée de l’immeuble la fait sembler plus gracile encore.
Sa silhouette a quelque chose de Tippi Hedren dans « Pas de printemps pour Marnie ».
La pluie accentue cette impression.
Je regarde encore un instant le balancement de ses hanches.
Qu’il est tentant…
Tant pis, je serai trempé mais c’est trop tentant je ne sais pas encore comment je vais faire mais je sens que cette fois ci, c’est elle.
Je ramasse mes clefs et me précipite.
C’est elle, ce sera elle.
La dernière, la vraie, la seule, j’en suis sûr.
09:33 | Commentaires (15)

