Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

vendredi, 22 avril 2016

La dame de piques.

Hier j’ai écouté Noémie Delattre défendre avec conviction la condition de la femme et combattre avec sa pugnacité coutumière toute forme de sexisme.
Je suis généralement totalement d’accord avec elle, notamment quand elle se demande « Si les femmes sont concernées par les droits de l’Homme, à quoi bon une journée du droit des femmes ? »
Hélas, ce matin là, elle avait enfourché son destrier avec tant d’élan qu’elle a vidé les étriers avant même que d’être en selle.
Il était question de « Babycook » ce petit engin cher et remarquablement pratique pour nourrir les bébés.
Elle s’est illico élevée avec véhémence contre la publicité de l’engin dont elle a probablement fait l’acquisition pour mettre le petit à l’engrais.
Oui, les mamans, croyantes ou athées, sont toutes des mères juives en la matière.
Ça se résume grossièrement quand c’est un garçon à :
« Il a bien mangé, c’est bien, regardez comme il est beau, ah la la, les filles elles vont tomber raides ! Comme sa maman, hein mon bébé chéri !  »
Bref, elle entame d’entrée l’éducation qui en fera un macho accompli…
Noémie n’a pas saisi l’ironie de la situation.
Elle n’a remarqué qu’une chose :
« Avec Babycook, les mamans vont découvrir le plaisir de, etc. »
Outre que j’espère que les mamans auront découvert le plaisir avant d’acheter un Babycook, je dois dire qu’elle s’est plus attachée à la façon maladroite de présenter l’outil qu’à son utilité.
C’est à ce moment que me revient qu’à près de trente-huit ans elle a donné naissance à un bébé il y a peu.
Et, j’ai repensé à la façon dont la lumière de mes jours a usé de moi.
Pour fabriquer la chair de sa chair, d’abord.
Pour s’en occuper ensuite.
Je me suis alors aperçu que j’avais trente ans de plus que Noémie Delattre et sans aucun doute changé des bébés bien plus souvent qu’elle.
Et pendant bien plus longtemps, vu l’âge du sien…
Même mon père né en 1921 a plus souvent changé des bébés que Noémie Delattre.
Aaah… Lectrices chéries ! Si vous saviez !
Si vous saviez tout de cet arrangement conclu entre Heure-Bleue et moi.
Aaaahhh... Le coup du « Mon Minou, la nuit un biberon sur deux c’est moi, un sur deux c’est toi »
Oui, à cette époque aussi lointaine que bénie, j’étais « Mon Minouuuuu… », pas « Minou ! »
Le genre d’arrangement qui démarre dès la première nuit par « Mon Minou, c’est ton tour ! »
Le suivant, ça se gâte et j’ai droit à « Mon Minou, tu veux pas prendre mon tour ? Minou… »
Avec yeux qui papillotent et moue qui donne illico envie d’entamer la fabrication du suivant.
Envie réfrénée aussitôt par un regard qui dit « n’y songe même pas ! Si tu t’approches je t’émascule d’un coup de dents ! »
Donc, lectrices chéries, n’allez pas prendre au premier degré et pour argent comptant ce que dit Noémie Delattre avec un talent d’escroc de haut vol.
Elle vous défend avec conviction.
Comme si vous ne le faisiez pas depuis longtemps.