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lundi, 12 décembre 2016

L’humeur et l’art gent d’humeur…

lakevio.jpg

J’ai failli faire le devoir de Lakevio.
Puis j’ai failli ne pas le faire.
Non que l’image ne fût pas belle, non, c’est seulement que ça me semble trop difficile d’écrire quelque chose sur la tristesse automnale des autres.
En regardant cette aquarelle je me sens incapable de traduire ce qui me semble l’image des larmes qu’on devrait verser sur le monde.
Ce ne sont pas les étrangetés qu’on peut relever sur le papier détrempé qui m’importent.
Non, c’est cette traduction de la peine, du souvenir, du passage des saisons, des sensations perdues.
Ou simplement oubliées et ramenées là par la vertu du pinceau.
Cette Chinoise a quelque chose de japonais.
Elle me fait penser à Kawabata.
Elle a si bien traduit avec ses tubes de gouache la poésie de celui qui m’a ravi avec « Les belles endormies » ou « Pays de neige ».
Je vais arrêter là parce que tartiner sur le sentiment d’automne qui se dégage de cette aquarelle va m’amener à rêvasser à des choses passées et heureuses alors que je dois faire le lit « en grand » comme tous les dimanches.
Pourtant j’aimerais bien me noyer dans cette aquarelle.
En même temps, je donnerais n’importe que pour voir la lumière de mes jours se battre avec l’enveloppe de couette.
Elle fait ça si bien, ça m’amuse tellement.
Et en même temps...
C’est sûrement ça, l’automne…