lundi, 06 mars 2017
The Wall.

En 1967, on a déménagé.
En y pensant, je le revois bien, ce mur.
Je revois aussi cette porte qui avait été finalement posée et close.
Elle n’était là que pour empêcher les enfants du quartier d’aller jouer dans le terrain vague.
Oui, là, juste de l’autre côté du mur.
J’étais allé y jouer, moi aussi.
Il y a des années…
Le trottoir est bien le même, sale et irrégulier, bordant de façon approximative la rue, mal pavée.
De ces pavés perpétuellement humides et sales.
L’eau qui courait le long du caniveau n’avait jamais qu’entraîné de petites saletés ou des cailloux.
Parfois j’y ai ramassé un écrou arrivé là je ne sais comment.
Une fois j’ai trouvé un réveil même pas rouillé.
Je l’ai démonté.
C’était passionnant, même si je me suis coupé avec le couteau qui me servait de tournevis.
Je suis revenu là, l’année suivante, en 1968.
Pour voir ce que c’était devenu.
Rien n’avait changé.
Le parti « UD-Vème » avait changé son nom pour celui de « UDR » et l’affiche, à peine posée était déjà lacérée.
Le quartier était toujours divisé.
D’après ma mère, il y avait deux camps, « les Arabes » d’un côté, « les cocos » de l’autre.
D’après mon père c’était un peu plus compliqué.
Un seul point d’accord entre tous ces camps, ils détestaient tous « ce salaud de de Gaulle ».
Ça m’a rappelé l’époque où mon père était un oxymore politique, à la fois pro-américain et « communiste d’extrême droite ».
C’était en 1965, l’année où il avait voté Tixier-Vignancour.
Il est très bien, sale mais très bien, ce mur.
Cet écran sur lequel défile ma vie d’avant...
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