jeudi, 23 août 2018
Qui c'est qui philosophe ? C'est la poule...
Hier, Heure-Bleue et moi avons emmené Merveille et P’tite Sœur au Jardin des Plantes.
Merveille et moi avons failli visiter la galerie de « Paléontologie et Anatomie comparée » mais ça saoulait Heure-Bleue et P’tite Sœur.
Comme Merveille voulait y aller mais avec tout le monde alors on n’y est pas allé…
Mais on a vu des bêtes.
Des tas de bêtes.
Ah si ! Intermède ! Pour la première fois de ma vie j’ai mangé un « Double Cheese bacon » au Mc Do.
Eh bien j’ai été super content que ça ne m’arrive à mon âge.
Plus jeune, ça m’aurait collé des cauchemars pendant des années…
En fait, quand on mord dedans on ne peut s’empêcher de penser que ce machin a été régurgité en loucedé et remis sur le marché.
Bon, je vous disais, lectrices chéries qu’on a vu des tas de bêtes.
Des à pattes, des à ailes, des qui glissent, des qui glapissent.
C’est encore ce qu’il y a de mieux quand il fait chaud.
Mes tibias étaient déjà bien entamés quand il y eut une halte.
On se perd toujours dans la ménagerie car on déplace les animaux et répare les enclos.
Il était environ dix-sept heures trente quand nous avons enfin retrouvé la fauverie.
Mon dieu que ces bêtes sont belles.
Je crois que le pire est qu’elles soient prisonnières et que c’est ce qu’il y a de mieux pour elles sinon elles disparaîtraient sous l’effet de la disparition de leur habitat et l’apparition des braconniers.
Quand on lit les motifs qui poussent à leur braconnage, je me dis que nous sommes vraiment stupides.
Nous nous sommes tous assis sur les bancs de pierre pour assister au nourrissage des bêtes.
Et nous avons attendu.
Un soigneur et une soigneuse ont astucieusement fait passer toutes les bêtes vers les cages extérieures puis ont disposé des proies et réouvert le chemin menant vers les cages intérieures de la fauverie.
J’ai repéré une panthère des neiges qui aurait volontiers bouffé la soigneuse tandis que le soigneur attendait que la « panthère longibande » cesse de le mater comme une antilope fraîche.
Les bestioles se sont alors précipitées sur des lapins tous frais.
Elles jouaient à les re-tuer avant de les dévorer.
C’est là que j’ai compris que nous étions une espèce supérieure.
Oui, nous ajoutons des champignons et du vin blanc sec.
C’est bien meilleur…
La preuve que c’est nous qui avons raison, c’est elles qui sont en cage.
Nous, on est juste prisonniers de nos smartphones et de notre avidité.
Il y eut hélas un détail inquiétant quand nous sommes sortis.
D’autant plus inquiétant qu’il semblait un éclair de lucidité dans l’aveuglement ambiant.
Un gamin d’une douzaine d’années.
Affublé des inévitables casquettes et smartphone.
Le smartphone dans une main, regardant le monde à travers son écran, un gâteau dans l’autre.
Ce gamin, trop gras d’une bonne quinzaine de kilos et « avachi debout » avait la démarche pesante et fatiguée.
Ce qui m’a troublé, c’est son « T-shirt ».
Un « T-shirt » qui le boudinait malgré une taille que j’estimais XXL et sur lequel une inscription prémonitoire criait au monde « We are the future ! »
Et ça, ça m’a semblé criant de vérité.
Vous imaginez ma crainte…
09:52 | Commentaires (16)


