lundi, 27 août 2018
Le gâteau marbré.
C’est lundi et il fait triste…
Au moins Mab échappe à ce qu’elle détestait : Voir les jours raccourcir et ses roses racornir.
Au moins j’aurai passé un bon week-end.
Samedi je suis allé prendre un pot avec un ami à Montmartre.
Il ne va pas très bien mais c’est normal, il se rend compte que la jeunesse n’est éternelle que dans la cervelle.
Pourtant je lui avais déjà dit.
Et c’est un esprit brillant, il est quand même docteur ès Sciences de l’Université de Paris.
Mais du coup, problème de navigation dans les hautes sphères de l’esprit, il a des accès de vague à l’âme qui le troublent.
Ça ne cadre pas avec son environnement habituel alors il lui faut un pote et une bière de temps en temps.
J’ai ramené le pain en redescendant vers la maison.
Il ne restait qu’une crêpe à « la bonne boulangerie » –non ce n’est pas « Pain-Pain » il n’y a pas de crêpes-, alors je l’ai ramenée à la lumière de mes jours.
Je fais réchauffer la crêpe doucement, agrémentée d’un peu de rhum et enveloppée de papier d’aluminium pour qu’elle garde son humidité et ne devienne pas sèche comme une tranche de jambon de trois jours au frigo.
J’aime voir l’air heureux d’Heure-bleue, les yeux mi-clos, quand elle goûte la crêpe.
Voilà…
Hier nous avons pris un bus spécial.
Nous avons pris le 31 pour prendre un café avec Coumarine à la Gare du Nord.
Enfin, au grand café en face de la gare.
Nous avons papoté pendant une bonne heure.
Je serais bien incapable de dire de quoi nous avons parlé mais au moins nous n’avons pas dit du mal de notre prochain.
Enfin, peut-être un peu de…
Meuh non…
Que je vous dise, nous avions vu Coumarine il y a une quinzaine d’années à la Mairie du XIème.
C’est là que nous avions croisé une déjà amie, Mab qui vient de nous lâcher.
C’est là que nous étions fait une autre amie, Lakevio, qui a intérêt à tenir le coup.
C’est la que nous avions vu Coumarine.
Elle avait, derrière la petite table de la mairie du XIème, l’air sérieux de l’écrivain qui présente un bouquin.
Bref, nous avons pris le 31 pour aller à la Gare du Nord et pour revenir.
C’est un bus avec une particularité étrange.
Il est toujours plein et les changements de population entre la place de l’Étoile et la Gare de l’Est font qu’on a une impression de « gâteau marbré » aux proportions changeantes.
De très « vanille » vers l’Étoile à très « chocolat » vers la Gare de l’Est avec des variations permanentes en fonction des quartiers traversés.
Tout au long de la ligne, les marbrures du gâteau varient, il y a même des passages « caramel ».
À certains arrêts, le changement de vagues de couleurs est quasi-total même si le bus est rarement « monocolore ».
Il faut changer de ligne pour vérifier que l’intérieur d’un bus est normalement vert…
C’est ça qui est bien et que j'aime dans Paris, la variété…

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