lundi, 08 février 2021
Devoir de Lakevio du Goût N° 67.
Comment diable Francisco Goya, qu’on connaissait plus austère s’y est il pris pour passer de cette vision :
À celle-ci :
Je me demande, moi aussi comment il a fait et pourquoi, il s’est donné la peine de dévêtir cette dame.
Mais bon, comme dit le héros de « 2001, a space Odyssey » à la fin de la nouvelle « J’aurais bien une idée… »
À lundi, pour savoir comment, selon vous, il a pu s’y prendre…
Mon dieu ces ballerines !
Je suis sûr que c’est pourtant ce qui avait assuré ce pas dansant lorsqu’elle s’était approchée du divan mais bon sang que ces ballerines étaient laides !
Je supputais qu’elle avait sans aucun doute les plus jolis pieds du monde.
Des pieds égyptiens, j’en étais sûr.
L’idée m’était venue, passagère, qu’il était idiot de les mettre dans ces chaussures d’un mauvais goût très sûr...
Même un peu vulgaires parce que quand même, ce « doré », hein…
Elle s’est arrêtée, avant de prendre la pose, a regardé autour d’elle puis s’est assise sur le divan, face à mon chevalet.
Elle attendait quelque chose.
Moi aussi.
J’ai posé la palette que j’avais à la main, et j’ai observé la dame un long moment tandis qu’elle patientait.
Quand même, ces chaussures…
Et ce « doré » entre abominable et horrible…
Ces chaussures dorées qui cachaient, les gâchaient plutôt, ces pieds dont j’étais sûr qu’ils étaient magnifiques, à caresser, voire à embrasser.
J’étais sûr qu’ils étaient délicats du talon aux orteils.
Rien qu’à regarder le pli de sa robe qui habillait si bien ces jambes au bout desquelles ces pieds étaient si joliment accrochés par des chevilles, j’avais envie de les dénuder et les toucher.
Vous savez, un peu comme ces sculptures sur laquelle on ne peut s’empêcher de passer la main, rien que pour être sûr que c’est du marbre et non la peau dont elles semblent pourtant avoir la texture.
Il me fallait absolument savoir si ces pieds étaient aussi beaux qu’ils le laissaient deviner bien qu’ils fussent cachés par ces ballerines épouvantables.
J’attendis encore un moment jusqu’à ce que son regard triste se transforme en air agacé.
L’air agacé se transforma petit à petit en air rageur mais elle resta muette.
J’attendis encore un moment.
Son regard se fit plus curieux et attentif.
C’était le moment attendu, j’en étais sûr, celui où elle était de nouveau disponible.
***
J’avais eu raison d’attendre.
Dans la lumière de l’après-midi finissant, j’ai regardé la paire de ballerines jetées devant le divan.
Alors que sa tête reposait sur le coussin, j’ai pu admirer à loisir ces pieds qui étaient exactement comme je les avais rêvés.
Tout de même, à quels stratagèmes doit-on se livrer pour voir des pieds.
Mais des pieds si jolis, tout de même.
Des pieds égyptiens, j’avais vu juste.
Et puis ce fut un si agréable sacrifice…
Je pris mon pinceau et, admirant le modèle languissant sur le divan, je peignis et signai la seconde toile.
C’est rare pour un artiste mais cette fois, j’étais satisfait de mon œuvre.
J’ai attendu qu’elle se rhabille avant de demander « Votre mari, pensera à moi, j’espère ? »
Je pensais évidemment à la rémunération de mon travail.
Elle me sourit gentiment et répondit doucement « Lui, je ne sais pas, mais moi oui, soyez en sûr… »
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