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jeudi, 18 février 2021

Le fond de l'air effraie...

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Je me suis levé ce matin, tranquille après un bisou sur l’épaule de la lumière de mes jours qui faisait semblant de dormir et qui sait bien que je sais qu’elle ne dort pas.
Après une visite mardi chez le médecin à  qui j’avais longuement expliqué qu’à l’instar de la lumière de mes jours il y a une ou deux – ou trois- décennies, je n’avais pas mal au dos mais un cancer du dos, pas mal au genou mais un cancer du genou.
Bref, qu’au moindre pet de travers je me voyais assailli par une armée de crabes qui se jetaient sur tous mes organes pour les bouffer.
Il m’a regardé, m’a palpé le bas du dos et a lâché « bon… »
Après quelques phrases il a fini par dire « J’ai de la chance. Je vois du monde. Tous ont quelque chose, pas vraiment malades mais comme vous… La période est difficile à vivre. »
Il s’est mis à griffonner et a continué « ne pas voir grand monde, rester cloîtré autant que possible, éviter ses proches… Tout ça ce n’est pas bon pour le moral… »
Il m’a tendu une ordonnance.
Il m’a donné un anti-inflammatoire pour une courte période, et, ô surprise, à moi qui ne prends jamais rien, il a prescrit un anxiolytique !
Bon, en réalité je prends un comprimé tous les deux ans pour attendre le résultat du scanner.
Sachant que les deux premières années qui suivirent ma mésaventure crabesque, j’eus deux scanners par an puis un par an pendant cinq ans et un tous les deux ans depuis six ans, j’ai pris en quinze ans dix comprimés.
Le soir même, après avoir pris cette pilule magique, la vie m’apparut plus intéressante.
Je dormis du sommeil du cancre et me suis réveillé le lendemain frais et dispos.
Ne subsistait que ce fichu mal de dos et celui du genou droit auquel je suis habitué depuis bientôt soixante ans.
Ce matin, tous va bien, j’ai bu mon café en admirant un vol de coquecigrues absolument magnifique.
La coquecigrue est un piaf presque aussi beau que le sîmorgh mais à mon avis bien plus chouette que les filles d’Electre ou même Phénix.
Et puis, la coquecigrue est un piaf de chez nous.
On importe assez de choses sans en plus importer des oiseaux de légende.
Bref, ce matin, tout va bien.
Heure-Bleue a passé « le test », elle n’a pas « la » Covid.
Et elle a tant d’autres choses…
Alors cet après-midi on va aller acheter une machine à café car la nôtre, après huit ans d’expresso, se met à fuir.
Ce sera bien…