mercredi, 26 mai 2021
Le crépuscule des vieux.
Oui, il y a un vague nerf en chacun de nous.
Celui du souvenir.
Ouais, bon... Mab ne me dira plus rien maintenant...
Allons donc à mon propos que vous ne connaissez pas encore.
Il y a peu, au cours d’une balade qui nous amena du côté du Printemps où la lumière de mes jours nous mena pour renouveler une partie de son habillement secret, nous sommes passés devant une vitrine.
Et c’est là que je me suis aperçu que les ophtalmologistes sont des gens à l’optimisme débordant.
En passant devant une des milliards de vitrines proposant à tout un chacun de se croire Brummel ou Mr d’Orsay, la lumière de mes jours me montra un pantalon.
Moche, le pantalon ! Mais mooooche !!!
Elle m’avait dit « marron ».
C’était un pantalon « beigeasse », plus proche de la déjection canine mal maitrisée que du « marron » promis.
Elle m’avait dit aussi « velours milleraies ».
Erreur ! Erreur tragique.
Regardant par-dessus mes lunettes, j’ai regardé attentivement le tissu prétendument « velours milleraies ».
C’est un vague tissu d’origine extrême-orientale et manifestement bas de gamme quoi qu’essaie de faire croire un prix exorbitant.
J’ai donc sous les yeux un pantalon mal taillé, comme la plupart des pantalons depuis des années où le prix de revient en fabrication prime sur toute autre considération.
Un pantalon de couleur « fèces diarrhéiques » importable sauf dans un pays frappé par une épidémie de choléra.
Un pantalon fait d’un tissu qui m’a rappelé les tabliers de mes petites sœurs pour aller à l’école maternelle.
Ce tissu aux motifs flous à force d’usure.
Ce tissu pelucheux à force d’avoir été cousu, décousu, retourné puis recousu cent fois.
Quand je pense que la femme de ma vie a tenté de me gruger en essayant de faire passer ce... cette... ce « truc » pour un de ces pantalons « Newman » qui étaient si bien taillés, m’allaient si bien et me donnaient une allure quasiment humaine.
En plus, ces salauds de pantalons étaient de taille « 36 » quand je les mettais pour aller retrouver la lumière de mes jours.
Nous avons traversé au pas de charge le rez-de-chaussée du Printemps, histoire d’éviter de nous mettre sur la paille jusqu’aux prochaines élections municipales qui auront lieu en 2026.
Car vous ne le savez peut-être pas mais si quelque chose rend folle la lumière de mes jours et que ce n’est pas moi, ce sont les sacs à main.
Elle se serait jetée au feu pour moi.
Enfin, non, elle aurait poussé un pompier à le faire mais passons.
En revanche, pour un sac à main, elle me pousserait à la délinquance.
Mais pas n’importe lequel, ces temps-ci, Yves Saint Laurent et Givenchy ont sa préférence.
Pourtant, ils sont petits, de plus en plus petits.
Si je lui en offrais un, elle redeviendrait comme nombre de femmes que je vois depuis que j’ai pris le métro pour la première fois.
Mais si, vous savez bien, lectrices chéries.
Ces femmes qui portent un sac à main, petit ou grand mais toujours trop plein et trop petit au point qu’elles portent aussi un cabas, voire un « sac Tati » plein lui aussi.
Ce qui faisait dire à mon père « Ma poule, pourquoi tu ne mets pas une anse sur le mur de l’appartement ? Tu n’aurais pas besoin de sac à main... »
C'est là que ma mère lui jetait un regard meurtrier...
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