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mardi, 28 mai 2024

Faites des mères !

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Dimanche nous sommes allés chez les enfants pour la fête des mères.
Nous avons profité honteusement de notre position de « gauchistes post soixante-huitard » attardés pour abuser de l’argument usé « c’est une fête pétainiste et commerciale » et n’apporter rien du tout !
Bon, n’ayant plus de mère à honorer, ça nous a donné l’excuse parfaite pour arriver les mains vides.
Heure-Bleue, pas encore libérée de ces vieux poncifs pétainistes, a tenté néanmoins d’acheter des fleurs avant de prendre le bus.
Une queue qui n’était pas sans rappeler une boucherie moscovite à l’époque de Nikita Krouchtchev nous a dissuadés d’autant plus efficacement que le bus arrivait.
Une idée m’est venue sur le chemin qui menait de l’arrêt du bus à la maison des enfants.
Une de ces idées modernistes qui me frappe parfois quand j’ai dans l’idée de faire bondir JJF, prompte au sursaut d’indignation.
J’ai pensé aux fêtes des mères d’antan.
Celles où les enfants faisaient ces colliers de nouilles qui plaisaient tant aux mamans.
Les enfants grandissants, ils avaient des idées nettement plus utilitaires, histoire de faciliter le travail des mères.
Voire de leur rappeler que le vrai rôle des mères c’est quand même de bosser.
Une idée, brillante m’est donc venue, directement dictée par ces souvenirs et la décision récente du gouvernement que le rôle de la Française et du Français était d’abord de travailler durement.
J’ai pensé m’arrêter au « Carrouf » voisin pour acheter un balai, une pelle et du bolduc histoire de donner un côté festif à ce qui serait, j’en étais sûr, le cadeau utile et qui rappellerait à coup sûr quel était le rôle réel de la mère dans une famille française bien tenue, patriote et attentive aux recommandations de cet « État Français » dont la devise ornait les pièces d’une époque hélas révolue où chacun tenait sa place.  
J’ai prudemment soumis l’idée à la lumière de mes jours, pensant naïvement être aidé de quelques conseils sur la présentation du cadeau, la couleur du bolduc, etc.
L’idée de passer une vingtaine d’années en prison l’a dissuadée de me poignarder sur le champ.
J’ai lu dans son regard ce que je pouvais faire du manche du balai prévu.
Puis, désespérée a clos l’inexistante discussion d’un lapidaire « Mon pauvre garçon, mais que tu peux être bête… »
Donc, je suis arrivé les mains dans les poches…