vendredi, 27 février 2026
La morale, hélas, tique…
Avant-hier nous sommes allés à Notre-Dame.
Nous voulions voir si elle était aussi belle que dans nos souvenirs.
Nous la connaissons comme tous les Parisiens, quelle que soit leur religion, depuis que nous sommes enfants.
Elle était noire et peuplée essentiellement de fidèles et d’amateurs respectueux du lieu de culte.
Dans le silence habituel on y entendait parfois l’orgue.
Il y régnait une odeur d’encens un poil entêtante et même on pouvait monter jusqu’au sommet des tours et entendre le son du « Grand Bourdon » sur quoi un guide frottait une clef anglaise pour quelques touristes silencieux.
Un jour du printemps 2019, un incendie réduisit quasi à néant cette cathédrale qui était là depuis environ sept siècles.
De noire qu’elle était, elle devint calcinée en quelques heures.
On lança un appel aux dons pour la restaurer et nous allés admirer le résultat.
Au risque de passer pour des vieux, on s’est dit « C’était mieux avant »…
Ah ça ! Le travail fait est absolument remarquable.
Ce qui l’est moins et choque même l’athée que je suis est l’absence totale de ferveur qui frappe dès l’entrée.
Ça nous afait le même effet à Jérusalem lorsque nous sommes entrés au Saint Sépulchre...
Pour ce que je me rappelle avoir appris chez mes fondus du bon dieu, il y a une vingtaine de siècles un type s’était fait repérer à Jérusalem en faisant un scandale et allant jusqu’à sortir à coups de pied les boutiquiers qui squattaient le Temple, haut lieu de la religion juive de l’époque.
Juif lui aussi, il trouvait scandaleux de transformer le lieux de prières en centre commercial et les vira.
Nous fûmes, Heure-Bleue et moi, bien surpris de voir Notre Dame, lieu voué à la prière, soumis à la loi de la rentabilité.
Des boutiques de souvenirs, des terminaux de paiement par carte de crédit pour régler illico et « sans contact » les bougies et autres dévotions pleuvaient.
Une foule de jour de marché se pressait des deux côtés de la nef et s’arrêtait un moment pour faire des photos de la croisée des transepts.
Le tout dans un brouhaha tel que le bon dieu devait avoir un mal fou à entendre les quelques fidèles qui priaient…
Ressortis, nous fûmes surpris par un aménagement du parvis qui ressemblait à celui qui donnait accès au Louvre.
Mais bon, les deux étant désormais transformés en centre commercial, nous haussâmes les épaules, déçus, et retraversâmes la Seine pour aller au BHV, constatant l’inversion de fréquentation avec un BHV quasiment vide et Notre-Dame trop pleine…
Déçus, vous dis-je, de voir que la qualité remarquable du travail fait par les artisans ait donné l’impression d’avoir servi plus à augmenter les revenus touristiques de Paris qu’à sa beauté…
11:01 | Commentaires (9)
mercredi, 25 février 2026
Le crépuscule des vieux...
Ouais, ça fait un peu wagnérien mais ça colle avec le sujet...
Hier, je papotais avec un ami qui cherchait ce qu’était cette marque inconnue de nous.
« ECA » était écrit sur ce tube électronique, ce que les gens des années 1950 et de la décennie magique des « sixties » appelaient « une lampe ».
La référence « 12 AX7 » en était connue quoique les fabricants originaux, européens ou américains, en aient laissé tomber la fabrication depuis les années 1970.
Les transistors remplaçant les tubes, des Russes aux Américains en passant par les Européens, on vendit ou donna les machines de fabrication à la Chine.
Les Chinois, en commerçants avertis, s’avisèrent qu’une mode intéressante leur ouvrait un marché auquel personne n’avait songé :« L’audiophile ».
Ce dingue qui entend des choses qu’un chat ne perçoit pas bien que doté d’une ouïe autrement plus fine que le quinquagénaire accroché à ses disques vinyles.
Fut inventé alors le « vintage audio », cette merveille qui vous permet, pour le prix d’un équipement de studio moderne de retrouver la qualité émouvante des 78tours que vos grands-parents écoutaient avec dévotion, émus par la voix tremblotante de Berthe Sylva…
Les Chinois, pas fous et toujours à la recherche de débouchés pour fourguer des choses destinées normalement à la décharge, remirent en route ces machines et développèrent le marché de « L’amplificateur qui restituera l’émotion des vos vinyles, émotion tuée par le numérique des CD ».
Bref, il faut toujours réparer ces engins en panne, sensibles qu’ils sont, comme le pensionnaire de l’EHPAD, à la moindre variation de l’environnement.
Il faut donc à l’ingénieur, chercher chez les boutiquiers chinois le composant qui voudra bien remettre en marche « l’antiquité new look » vieille dès la naissance.
D’où la photo ayant servi à la recherche et que j’ai oublié d’effacer apprès avoir lancé une recherche sur ce qu’était la marque « ECA » qui a rappelé des souvenirs gauchisants à au moins deux lectrices chéries…
Eh oui, lectrices chéries ! Le nombre de marques chinoises imitant des tubes occidentaux et autrement rentables que ce que ces idiots de « puissances capitalistes menées par des gouvernements fantoches » est infini.
Cette photo m’a permis de vous donner quelques informations sur l’étrange évolution de la technique dès qu’il est question de ramener des souvenirs de jeunesse et de supprimer quelques décennies à ces années qui nous pèsent…
10:01 | Commentaires (2)
mardi, 24 février 2026
ccc
17:45 | Commentaires (5)



