lundi, 25 novembre 2013
Les illusions perdues.
Oui, j’ai choisi ça comme titre parce qu’en ce moment je relis un bouquin de Balzac.
Rendez-vous compte, lectrices chéries, que c’est la première fois depuis le lycée que je lis dans un livre « sapide »...
Depuis cette époque lointaine, vaguement située entre jadis et naguère, je ne l’avais plus entendu ni lu ni dit.
Et j’ai l’impression que ce n’est pas demain que je l’entendrai.
Bon, ce n’est pas pour digresser sur les mérites du lycée en matière de vocabulaire que je vous écrivais.
Non, c’est encore pour une désillusion cruelle qui a frappé hier soir votre Goût adoré.
Heure-Bleue et moi étions languissamment allongé sur la couche conjugale, après une journée bien remplie.
Histoire de faire semblant de nous prendre pour Meryl Streep et Robert Redford, je lui avais lavé les cheveux dans l’après-midi.
C’est là qu’après avoir vainement tenté de faire mousser l’horrible mixture que j’avais versée sur ses cheveux, je me suis aperçu que nous ne voyions pas mieux l’un que l’autre. Voire ne savions pas mieux lire l’un que l’autre.
Je vous donne le renseignement tout de suite, lectrices chéries. C’est peut-être branché de se laver les cheveux avec de « l’après-shampooing », mais non seulement ça ne lave pas mais c’est inrinçable...
Et nous revoici donc dans notre plumard.
- Finalement, ils sont comment mes cheveux, Minou ?
- Pas si mal, moins secs en tout cas.
Ils avaient ce côté encore humide des cheveux mal rincés...
- Ah, c’est mieux alors. Quand je pense à tes cheveux...
- Ah ?
- Oui, tu avais des cheveux magnifiques – soupir...-
Glou-glou – gorgée de petit lait avalée illico par le Goût-
- Et...
- Tu avais des cheveux de Chinois, de jeune Chinois...
Re-glou-glou... –Grande lampée de petit-lait cette fois-.
Et Heure-Bleue d’insister.
- J’avais toujours envie de te passer la main dans les cheveux.
J’ai failli m’étouffer en avalant trop vite ce petit-lait.
- Maintenant tu as des cheveux de vieux Chinois...
Premier renvoi.
- Même pas, les vieux Chinois ont souvent de beaux cheveux...
Elle me regarde de nouveau.
- Ben non, finalement tu as des cheveux de... Ben des cheveux de... Ben de vieux !
Fini le petit lait.
Et c’est là que j’ai constaté que les coups de poignards les plus mortels viennent de nos proches.
« Tu quoque uxoris... » ai-je pensé.
Oui, si je l’avais dit à haute voix elle m’aurait tout de suite reproché d’être pédant.
La prochaine fois je lui lave les cheveux avec du goudron...
08:52 | Commentaires (12)

