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vendredi, 07 juillet 2006

Vive l'Europe (c)

Un entrefilet dans la rubrique "Culture" de mon canard m'a laissé rêveur.
J'y découvre avec une certaine stupeur mélangée de surprise qu'Agnès B. (que la réussite en matière de marge nette a fait surnommer "Agnès Blé") a été reconnue coupable de contrefaçon.
Sans autre information, on se dit "bof, elle a triché et s'est fait prendre, ça lui apprendra", en y regardant de plus près on se rend compte des abus auxquels peut mener la mauvaise application de la protection de la propriété intellectuelle.
Ces abus vont lui coûter 15.000 € car qui se serait douté que "Vive l'Europe" était un slogan dûment protégé contre toute utilisation sans autorisation de sa propriétaire ?
Loin de moi l'idée de commenter une décision de justice ou remettre en cause l'autorité de la chose jugée, mais... Car il y a un mais, on peut légitimement se demander comment un slogan utilisé depuis le début des années 50 peut-il, en 2006, bénéficier d'un "copyright" ?
Surtout qu'en la matière, les preuves d'antériorité ne manquent pas.
Imaginez les effets d'une protection de ce type déposée sur les lettres de l'alphabet !
Dans certains cas ça nous permettrait d'échapper à une prose d'un manque d'intérêt navrant, dans d'autres les effets seraient dévastateurs.
Déjà que nos élites politiques pestent à haute voix contre l'absence de liberté d'expression chez les autres en se disant in petto que ce serait vachement bien s'ils pouvaient faire la même chose chez nous.
Cette façon d'envisager la propriété intellectuelle leur permettrait de supprimer de fait, et sous couvert de protection des droits de l'individu, une liberté d'expression qui les ennuie à chaque fois que les opposants manifestent leur désaccord par voie de presse.
Enfin la protection du citoyen et le muselage de la presse seraient des alliés objectifs !
Etonnant non ?