mercredi, 21 décembre 2011
Le prince et la libraire
L’Indien -de l'Inde- est un humain foncièrement masochiste.
En effet, déjà la métempsychose est pleine de risques insoupçonnés.
A la lumière de ce que lis à l’ouverture de mon navigateur, c’est en plus une invitation à la malchance en série pour peu qu’on n’en ait mal saisi les implications philosophiques.
Imagine, lectrice chérie, ou lecteur qui passe par erreur, tu meurs, tu renais et paf ! Tu sors du ventre d’une folle perdue qui colle te vivant – Oui ! Tu as bien lu lectrice chérie, ou lecteur qui passe par erreur: Vivant !- dans le congélateur de la maison !
C’est pas une vie...
En ces périodes où la mode de la « frénésie mémorielle » saisit tout acteur de la vie publique, il est assez logique que la première mère venue, histoire de ne pas oublier sa progéniture, pour peu qu’elle soit peu cultivée, se pique de conservation de façon un peu brutale…
Bilan, si tu as la chance de renaître, il semblerait que le choix soit assez limité, un poil de pragmatisme conduit à penser qu’au mieux, à peine dégagé du placenta, tu finis dans un congélateur .
Au pire tu renais lapin... Mais à la saison de la chasse…
A ce propos il me revient à l’esprit qu’un jour, dans la librairie d’Heure-Bleue, deux idiotes cherchaient des opuscules traitant de la réincarnation.
Sentant chez moi « l’esprit fort » une m’assure que « Si, si, c’est prouvé ! »
Assez dubitatif, je lui fais remarquer que « Certes, mais si j’écoute tous ces fans de la métempsychose, ils ont tous été rois, grands-prêtres ou autres dignitaires, pas un n’était paysan ou esclave.».
L’autre, « fondue au noir » comme disent les djeun's, m’affirme que « Ce n’est pas toujours drôle car moi-même je fus sorcière et finit sur le bûcher et je t’assure ça fait très mal ! ».
Et là, mon caractère d’emmerdeur taquin reprend le dessus.
Je ne peux me retenir de lui dire «Vous avez raison, d’ailleurs je suis moi-même la vie antérieure d’un prince de l’an 3500. »
Cette nunuche ne put se retenir et me demanda, suppliante, « Et c’est comment ??? ».
« C’est bien » l’assurais-je…
Quand je vous dis…
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