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jeudi, 06 septembre 2012

Chères, très chères Lili, Mab et Emilia.

J’ai décidé de vous faire plaisir.
Je ne démarrerai pas à cent à l’heure.
D’ailleurs je ne marche pas encore.
Je suis né en 1949 dans l’indifférence générale sauf, et encore peut-être, de ma maman et de mon papa.
J’étais un beau bébé de trois kilos huit cents et de cinquante-cinq centimètres -je le sais car ma maman me l'a répété à chacun de mes anniversaires jusqu'en 2005 et que je suis né le jour des Rois à onze heures moins le quart du soir, à l'époque on ne savait pas qu'il était vingt-deux heures quarante-cinq, on n'était pas moderne.-.
Déjà, je montrais d’étonnantes dispositions pour pourrir la vie de mes proches, surtout la nuit.

Ma mère s’usa les seins à m’allaiter plusieurs fois par nuit pour permettre à mon père de dormir quelques heures. J’en ai gardé depuis une forte tendance à la goinfrerie et un intérêt certain pour ce qui habille si joliment les poumons des femmes.
Ne me dites pas que je ne pense qu’à ça, je le sais.
Mais attention,  je ne pense quand même pas qu’à ça.
C'est vrai, je pense aussi à leurs jambes et à tout ce qu’il y a aux alentours.
Après avoir attendu près de trois ans d’entrer à la maternelle, j’y arrivais absolument ravi. J’avais enfin un peu plus de place qu’à la maison. Et surtout, oui surtout, il y avait d’autres enfants que ma grande sœur qui me martyrisait et mes deux petites sœurs qui me martyrisaient elles aussi mais que les oreilles en n’arrêtant pas de piailler le jour et la nuit.
Et pour la première fois je rencontrai l’amour.
Oui ! Déjà ! Elle s’appelait Malika.
Je sais, vous allez me dire  « Ouais, encore une Arabe, yen a marre d’entendre parler d’Arabe sur ce blog de mauvais demi-juif athée ».
N’empêche, c’est la première des deux seules fois où j’ai été amoureux d’une fille brune. Mais attention, elle avait les yeux clairs.
C’était la première fois que je voyais des yeux autres que des yeux bruns. Dans la rue où nous habitions, près de la Porte de Clignancourt –qui restera le repoussoir et l’exemple de ce qu’il ne faut pas devenir- eh bien, dans ce quartier il n’y avait pratiquement que des Algériens et pas de Kabyles, ce qui explique la pénurie d’yeux clairs dans le coin…

Me voici donc assis à côté d’une petite fille aux cheveux aussi noirs que les miens mais frisés et aux yeux bleus. Des yeux qui me feront me cogner dans les portes.
J’adorais, grâce à elle, rentrer en classe après la récré, ce qui aura un effet bénéfique pour la suite de mes études.
N
ous étions en rang par deux et devions donner la main à notre camarade pendant que nous rentrions. J’étais toujours à côté de Malika pour entrer en classe et j'adorais lui tenir la main. Et en classe j'étais assis à côté d'elle à une de ces petites tables à deux places avec un petit banc attaché et je détestais lui lâcher la main.

Ma vie de chercheur commençait sur les chapeaux de roues.
La tournure prise par les évènements une vingtaine d’années plus tard m’a  tout de même forcé à changer de sujet d'études.
Il faut dire qu’Heure-Bleue prétend n’être pas jalouse mais je saurai bien assez tôt qu’elle n’aime pas que je me disperse et qu’elle aime encore moins prêter ses affaires…
Mais j’y réfléchis encore et toujours.

La suite une autre fois.
Ça vous va, lectrices chéries et préférées ? Mais méfiez-vous, j’ai soixante trois ans à dérouler comme  ça
Et ça risque bien de vous saturer avant de saturer les serveurs de mon FAI…