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jeudi, 04 avril 2013

Un essai en vrai glandeur…

J’avais déjà constaté, au cours du long audit des services de l’hôpital qui a eu l’insigne honneur de récupérer un des deux rognons de votre Goût adoré, que pour la gent médicastre, nous ne sommes pas des femmes ou des hommes.
Nous sommes des tas d’organes plus ou moins en panne dont chacun suscite un  intérêt qui dépend, non de votre charme ou de votre sociabilité mais uniquement de la spécialité du praticien qui vous reçoit. Le reste n’étant qu’un véhicule servant à apporter l’organe concerné.
Hier donc,  le prof qui a remplacé mini-néphro regarde avec intérêt le résultat des examens qu’il avait demandé il y a un an et auxquels je devais procéder peu de temps avant de revenir le voir.
Il lit attentivement les deux feuillets recto-verso qui détaillent tout ce qui circule dans mes organes et est susceptible de faire déconner un organisme par ailleurs impeccable. Enfin presque. Ne chipotons pas sur le remplacement fortuit de petits carrés par un grand rond, balafré de surcroît, ni par le comportement aberrant de cette s… de balance qui m’a ajouté subrepticement quelques grammes kilos au cours des années, encore moins sur le souffle raccourci par des années de clopes qui m’empêche de gravir sans escale plus de quatre étages.
A la fin de sa lecture, le prof lève la tête et dit « Mais c’est parfait tout ça ! Pas de ci, pas de ça, ni de là. »
Il ajoute malheureusement pour moi après m’avoir vu ouvrir la bouche « Ah ! Vous voulez savoir quelque chose ! Allez-y. »
Et là, à force de déclamer pour vous, lectrices chéries, j’en ai pris l’habitude. Du coup, au lieu de déclamer, je déconne…
Evidemment le professeur qui me reçoit est peu sensible aux sirènes qui vous charment.
Pire, il accepte tout. Enfin presque. Le médecin est susceptible, vous le savez. Je peux vous donner une information plus pointue aujourd’hui.
Contrairement au médecin, le professeur n’est pas susceptible…
Non, le professeur est très susceptible !
La preuve ?
Je lui ai donc, à sa demande exposé tous les effets secondaires qui me pourrissaient la vie pour une efficacité toute relative et j’ai eu le tort d’ajouter :
 

- Eh bien j’ai l’impression que ce médicament a plus brillé par l’efficacité de ses effets secondaires que par des effets curatifs de toute façon superfétatoires puisqu’ils amélioraient des points qui ne le nécessitaient pas vraiment.
Il rumina quelques instants tandis que la température fraîchissait nettement dans la pièce.
- Bon, de toute façon, quel que soit le médicament,  il faut le prendre ! Il y a des effets secondaires mais globalement ça marche. Il faut faire avec !
- Mais pourquoi ?
- Parce que vous êtes à risque ! Quand on n’a qu’un rein, on risque l’accident cardio-vasculaire ! Il faudrait peut-être faire une recherche de cardiopathie… Avec un seul rein… D’ailleurs, vous avez-vu un cardiologue ?
- Ben oui !
- Quand ? Je n’en vois pas trace là. Dit-il en tapotant le résumé de mon dossier.
- Il y a cinq ans, ici,  je peux reprendre rendez-vous.
- Naaan, il n’y a plus de cardio à Tenon, je vais vous faire une ordonnance, le dernier cardiologue de Tenon est à Saint-Antoine.
Comme je faisais la gueule parce que je m’étais fourré tout seul dans cette situation, il eut le bon goût d’ajouter « Bon, tous les deux ans, ça devrait suffire, faut pas non plus exagérer, je vous reverrai l’année prochaine ».
Nan mais allo quoi ! T’es un garçon et t’as pas de néphro ! Allo…