lundi, 03 juin 2013
Chez ces gens là…+
Dès l’ouverture de mon navigateur, je suis saisi d’effroi.
J’apprends avec stupeur que Mike Douglas, titulaire d’un crabe du gargoziau, avait pécho ce dernier pour une raison qui m’a laissé effrayé et songeur.
Le « sexe oral » serait la cause réelle et dernière de ce cancer.
Outre les questions qui se pressent immédiatement dans l’esprit curieux, raisonneur et parfois tordu de votre serviteur, je dois vous avouer, lectrices chéries, que si cette information surprenante était avérée, la gent masculine et parisienne dans son ensemble devrait être poursuivie pour crime contre l’humanité.
Je vois d’ici la rue Saint Denis, le bois de Boulogne et celui de Vincennes dépeuplés de leurs colonies d’arpenteuses de bitume.
Nos péripatéticiennes décimées non par l’abus de cigarettes mais par l’abus de pipes.
Et ne parlons pas de toutes ces pratiques conjugales, certes délicieuses mais dont à aucun moment je n’aurais songé qu’elles pussent envoyer ad patres pour cause de félicité plumardière trop fréquente chez les époux assidus…
Vous ne vous en rendez pas compte, lectrices chéries, mais le câlin se révèle plein d’embûches létales maintenant !
On nous avait seriné que le HIV était le risque, « the the worst one » pour être précis.
Qu’il fallait sortir couvert, etc.
Maintenant, même les dévotions les plus délicates devront être protégées.
On va nous inventer sous peu la capote, non pas anglaise, mais linguale !
Les voyages sous la couette vont manquer de saveur d’ici peu...
Je suis même surpris que l'inénarrable Claude Got, notre fondu au noir de l’accident, celui qui veut mettre tout le monde à l’abri de la bagnole, de la clope et du pinard –mais pas de la vodka, de la bière ou du whiky, j’ai remarqué- ne lance pas une campagne du genre « Ne tombez pas dans les griffes de la minette ! Danger de mort ! » et son corollaire « Vous avez laissé tomber la cigarette ? Ne songez pas à la mortelle pipe ! »
Je sais, j’use d’un langage plutôt relâché aujourd’hui mais que voulez-vous, il y a de ces monuments de la civilisation douce qu’il faut absolument préserver si on veut que le monde reste un peu vivable.
Je suis finalement de plus en plus réservé quant à l’idée d’attribuer aux USA la mention de « nation civilisée ».
Que dire d’un peuple pour qui il est moins grave de flinguer les gosses d’une école qu’évoquer la façon dont ont été fabriqués les gamins de cette école…
18:48 | Commentaires (9)
Mimétisme conjugal.
Vous avez entendu parler du Goût, oui votre Goût unique et inimitable, et de ce rhume qui le met sur le flanc.
Eh bien, votre Goût, après toutes ces années passées aux côtés d’Heure-Bleue, n’est plus inimitable.
Enfin si, mais il a maintenant une concurrente sérieuse dans un domaine qu'il pensait lui être réservé.
Heure-Bleue !
Heure-Bleue a récupéré non seulement les microbes de Merveille mais le talent du gémissement, normalement dévolu au Goût, qui va avec.
A tel point que si on utilisait un bidule pour maquiller la voix, un de ces outils pleins d'électronique qui font croire que Vincent Delerm chante, et la transforme en la voix du Goût, on s’y tromperait.
Oui, lectrices chéries ! Heure-Bleue avec une bronchite, c’est aussi dramatique que le Goût avec un rhume.
Elle est mûre pour le Mur des Lamentations.
Elle est prête à engueuler le bon dieu.
Prête à gémir comme Jérémie.
Prête à jeter l’anathème comme Christine Boutin !
C’est ça le mimétisme conjugal. A force de vivre avec quelqu’un vous prenez ses habitudes.
Rassurez-vous, on ne prend pas ses qualités, on n’attrape que ses défauts.
Ça rend la vie plus facile…
Si vous prenez la qualité de l’ordre méticuleux –qui pour moi n’en est pas une mais gardons l’acception courante-, ça va être l’enfer. Vous allez ranger tous deux. Manque de pot, pas de la même façon. Et ça fout le bordel balagan et engendre des engueulades à n'en plus finir.
Tandis que si votre moitié attrape votre manie de tout laisser traîner, c’est parfait. C’est un bordel balagan acceptable par les deux, même s’il est différent de l’un à l’autre.
On se contente de « T’as pas vu ça ? Pourtant je suis sûr d'avoir rangé là mon caleçon. » dit-il en montrant un vague tas de trucs non identifiables posés sur une chaise.
Pareil pour elle « Je suis sûre d’avoir rangé là mon collant » dit-elle en montrant le placard de la chambre alors que ledit collant, que j’ai sous les yeux, la nargue depuis le radiateur de la salle de bains.
Ça c’est de la philo du dimanche.
Tout ça pour vous dire qu’Heure-Bleue est devenue aussi pénible que le Goût quand elle a un rhume…
Et vous savez combien un Goût enrhumé peut soulever des envies de meurtre.
Je le sais, lectrices chéries, Heure-Bleue me menace de me tuer quand j'ai un rhume.
07:51 | Commentaires (3)

