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mardi, 16 juillet 2013

Suce pension…

Je suis de plus en plus inquiet.
Pas de mes lascars en bas, non, du fonctionnement du monde qui me semble aussi fumeux que celui de la cervelle de mes trublions.
Nous avons claqué, le 27 mai, la porte de notre appartement de banlieue pour des cieux qui me plaisaient plus mais sont nettement moins cléments.
 Le 28 mai, les contrats EDF et GDF furent résiliés dans les règles, les index des compteurs relevés et communiqués. Ces index furent ensuite validés par les agents EDF et GDF.
Bref, telle la naïade se baignant avec confiance, inconsciente du risque de croiser le cadavre de cette andouille de Narcisse, je contemplais d’un air béat –et bêta- l’état étonnant de notre compte joint, connecté que j’étais au site de notre banque.
Ô surprise ! Que vis-je ?
Que mes  deux organismes « pompe à phynance » réputés, continuaient imperturbablement à prélever sur notre compte des sous qui n’avaient pas besoin de leur aide pour s’envoler.
Votre Goût préféré, armé de la voix que vous supputez délicieuse, de ses numéros de contrat mais surtout de patience, appelle donc GDF.
Après qu’une voix de synthèse m’ait dûment informé que le numéro n’était pas surtaxé et que les voix qui m’allaient informer appartenaient toutes à des gens résidant en France, une femme à la voix agréable s’enquit des raisons de mon appel.
Elle confirma que la résiliation avait bien été effectuée le 28 mais, que le relevé de vérification avait eu lieu de 7 juin mais qu’elle allait devoir « faire appel au service d’expertise technique afin de déterminer avec précision le montant de la facture qui me serait envoyée » tout en précisant qu’il pouvait aussi bien s’agir d’un avoir.
J’ai ensuite appelé EDF où une autre accorte jeune femme m’a servi le même baratin en estimant même que son patron me devait près de quarante €uros.
Le ravissement fus ma première réaction, benêt et confiant dans la nature humaine que je suis.
Puis, le premier demi-litre de thé bu, il m’est venu, avant même l’envie de faire pipi afférente, l’idée inquiétante que ces entités industrielles, censément sérieuses et d’une si grande importance, faisaient leur travail par-dessus la jambe, comme je venais d’en avoir la preuve.
Cette idée faisait son chemin et je me demandai si l’acheminement de gaz inflammable et, dans les conditions adéquates de mélange, fortement explosif, était fait avec le même souci d’attendre impatiemment le mois des vacances plutôt que le souci du travail bien fait.
Emporté par mon élan, pour une fois pessimiste –probablement un effet secondaire de l’étonnement devant la vacuité cérébrale de mes casse-pieds d’en bas- je me suis demandé si mon fournisseur d’énergie comptait –contait ?- sur les assurances lénifiantes de nos gouvernants pour nous éviter une radiographie brutale et « hiroshimiesque ».
En ces temps où le mérite du salarié tient essentiellement à son coût de revient, en tout cas plus qu’à sa compétence, je commence à me demander si les entreprises ne me font pas courir plus de risques que les minus habens qui squattent le porche de mon immeuble…
Ces derniers nous emmerdent, certes, mais probablement moins qu’une fusion du cœur à Nogent-sur-Seine…