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vendredi, 06 septembre 2013

Elle n’amuse que Thalie.

Hier après-midi, Heure-Bleue et moi sommes passé revoir ce qui sera peut-être notre prochain chez-nous. Nous avons fait bondir le chiffre d’affaires du salon de thé voisin, goûté –enfin moi qui suis goinfre- la dernière création du pâtissier qui tient ce salon de thé.
La chaleur aidant, Heure-Bleue a commencé à fondre sous mes ricanements de mec mat de peau et noir –si si, encore…- de cheveux. Elle n’a jamais de mouchoir, je lui ai donc prêté le mien.
J’ai adoré la voir s’essuyer le front, tel le terrassier officiant en plein cagnard…
Nous nous sommes dirigés ensuite vers le « chez-eux » des enfants.
Accueillis par une Merveille toujours grognon de notre évasion de son environnement.
Après un baiser distrait à son papy qui n’est pas préféré ces temps-ci, elle a quand même tenu à me dire ce qu’elle avait fait à l’école.
Quand elle m’eut expliqué longuement toutes les façons de colorier les lettres en rouge et en jaune, son père et moi nous sommes regardés et, avec l’ensemble parfait qui montre une certaine communauté de vues, avons dit « Quand est-ce qu’elle rentre au CP ? »
Puis, elle a tenu à me montrer ce qu’elle savait faire.
Elle a piqué une feuille A4 à son père, la boîte de feutres de luxe de son père et s’est mise en devoir d’écrire son nom et son prénom.
J’ai regardé le trait tremblotant censé signifier « Jeanne » et ai eu le malheur de dire avec une moue dubitative « mmmouaiiiis… »
Elle a commencé par me jeter « Papy ! J’ai un talent parfait ! », on aurait dit Depardieu, puis a repris sa feuille pour tenter une amélioration.
A peine la pointe du feutre posée sur la feuille, j’ai tenté « Euh… Tu tiens mal ton crayon… »
J’ai eu droit à « Papy ! Tu me déconcentres ! »
J’ai dit « Bon… » et ai admiré Merveille tentant d’écrire son nom.
Quand elle eut fini, elle me tendit la feuille. Je l’ai prise, l’ai regardée, ai pris son crayon et ai écrit son nom.
J’ai eu droit à « Papy, pour l’éducation, tu es en dessous de tout ! » d’un ton sans appel.
Heureusement il y eu le dîner où, assise à côté de moi elle me fit un câlin.
Tout aurait été parfait si, après le dessert, elle ne m’avait jeté le regard mauvais de la fille rancunière en disant « Ouiiinnn ! Tu m’as dit que tu allais me détester ! Tu ne m’aimes plus ! »
Notre amour a du plomb dans l’aile, nos relations ne vont pas se rétablir facilement…