vendredi, 20 septembre 2013
Elle partit pas maligne, elle revint d’Inde…
En fait, c'était plutôt de Guyane, mais ça tombait à plat, alors...
Hier, comme vous avez dû le remarquer à ma note, j’étais d’humeur taquine. Cette humeur qu’Heure-Bleue, toujours prompte à exagérer appelle « l’humeur chieuse ».
Il faut admettre, lectrices chéries, qu’elle n’a pas que tort. Enfin pas tout le temps.
Après avoir constaté une baisse dramatique du stock de sous-vêtements propres, Heure-Bleue a décidé de façon unilatérale de son côté toute seule que je devais aller à la laverie. Obéissant, comme il sied à tout esclave bien dressé, je me suis exécuté.
L’opération « lessive extérieure » est parfaitement calibrée :
- lavage : trente-quatre minutes.
- Séchage : vingt minutes en deux séchoirs.
Pendant le lavage, trois opérations sont à mener à bien, aller chercher Libé, boire un café et acheter le pain.
Passionnant, ce matin, le Goût, non ?
Allez, lectrices chéries, dite-moi que oui ! Que je vous passionne !
Après avoir bu mon espresso serré, comme tous les espressos (espressi ?) serrés que je bois et avoir feuilleté mon Libé, en gardant la rubrique « Rebonds » pour le temps du séchage, je suis allé chercher le pain.
Jouxtant le café où depuis 2003 il m’arrive de boire cet espresso, il y a une boulangerie dont le précédent tenancier était si pingre que je suis sûr qu’il me fourguait des baguettes de 230 grammes. L’actuelle boulangère est une jeune femme d’une trentaine d’années à peine, blonde aux yeux bleus et avec une peau si pâle qu’il m’est illico venu une idée.
Mais non, pas celle-là ! Pfff… Vous ne pensez vraiment qu’à ça.
Je ne sais pourquoi les boulangères blondes me sourient facilement et me racontent volontiers leurs histoires. Je sais par exemple que celle-ci vient de Guyane où elle a passé son enfance et qu’elle regrette par moment le climat même si elle trouve qu’il est parfois trop moite et que sa peau, etc…
Tout ça parce que je lui ai dit « vous avez une trace d’accent qui n’est pas d’ici. Dites-moi, vous venez d’où ? Que faisiez vous ? » l’air innocent du renard qui mate l’échelle du poulailler. Bref, hier donc, je suis entré dans la boulangerie sans idée particulière si ce n’est d’embêter quelqu’un.
- Bonjour Madame.
- Aaahhh ! Bonjour monsieur.
L’accueil m’a donné l’idée, ma blondinette semblait joyeuse.
J’ai posé mon Libé sur la caisse, il était question de cette fameuse « pause fiscale », autre nom de « l’Arlésienne ». La blondinette m’a regardé de son œil bleu et m’a dit :
- Vous y croyez, vous ? Droite et gauche, c’est bien pareil…
- Bof, il faut bien vous dire nos intérêts ne sont pas les leurs et divergent parfois sévèrement...
Elle m’a re-regardé, mais bizarrement cette fois. J’ai simplifié.
- Oui, on va encore se faire avoir…
- Ah ça oui alors !
A-t-elle abondé dans mon sens, et, pour souligner le propos, elle a eu ces mots « là, on va encore se faire… » accompagné d’une des nombreuses et délicates représentations gestuelles de la sodomie. La main droite frappant le poing gauche fermé.
J’avais gagné !
Je l’ai regardée d’un air sérieux en lui disant « Non mais enfin ! C’est comme ça qu’elle vous a appris à parler, votre mère ? »
Hé hé ! J’avais bien deviné pour sa peau : Elle a rougi jusqu’aux oreilles.
Et m’a dit « Pfffrr… Oh ! C’est vrai ! Pardon ! »
Il y a des jours comme ça où peu de choses vous donnent bon moral pour la journée.
09:25 | Commentaires (12)

