jeudi, 21 novembre 2013
Le pull bleu.
Je ne sais pas si je vous ai déjà donné, lectrices chéries, cette information d’une importance capitale : Il y a un bleu que je déteste par-dessus tout.
Ce bleu qui rappelle les volets, voire les murs, de certaines maisons méditerranéennes.
Et parfois atlantiques… Si, si…
C’est ce bleu-là, oui, ce « bleu layette », celui-là, il me sort par les yeux :
nnnnnnnnnnnnnnnn
Eh bien, figurez-vous que la lumière de mes jours, se trouvant probablement trop peu visible, s’est acheté il y a longtemps un pull de coton affligé de cette couleur monstrueuse. Et comme « elle n'use pas », il dure...
Pourtant Heure-Bleue a habituellement un sens assez aigu des couleurs qui l’habillent plutôt que de celles qui la déguisent.
Elle qui s’accommode assez bien car elle n'est pas frileuse, de ne porter que quelques gouttes de « Cabochard » de Grès, qui lui va à ravir et la décrit si bien.
Elle à qui vont si bien les tons « rouille », rouge ou certains tons verts.
Elle dont on peut dire « le noir te va si bien ».
Surtout avec un « col claudine » blanc, ça doit être mon fantasme « maîtresse d’école »…
Eh bien, « elle » a décidé, un jour où son entendement devait sévèrement déconner, qu’elle devait absolument acheter ce pull épouvantable.
Il a tout pour lui. Il est laid, mal taillé, de couleur horrible et, cerise moisie sur un gâteau peu appétissant, il se déforme de façon particulièrement inélégante.
Pire encore : Elle l’aime.
Du coup, quand elle daigne me dire « je t’aime », je suis pétrifié d’inquiétude quant à mon aspect.
Mais tout, heureusement ne va pas si mal dans ce monde pourtant mal embringué.
Ce pull a une caractéristique des plus intéressante.
Il maintient Heure-Bleue attachée au monde de la prime enfance.
Oui ce pull a dû être -mal- tricoté par une fée.
Il attire les taches comme mon Trésor attire vos sous.
Du coup elle ne le porte, quand elle a de la chance, qu’une heure ou deux à la maison.
Sinon elle le jette dans le panier à linge dès qu’il a attiré une goutte de Ricoré ou qu’elle a postillonné une miette de chocolat dessus.
C'est-à-dire au bout de dix minutes environ.
A croire que son subconscient fait preuve de la sagesse dont manque cruellement son moi profond.
Ce qui m’arrange bien, sinon elle m’aurait viré dès le premier soir…
Je ne vous aurais jamais parlé de ce pull si, par une intervention que je soupçonne diabolique, il ne se départait de son rôle d’aimant à taches de temps à autre et lui permettait de sortir avec.
Histoire de s’envoyer sur le plastron une giclée de café dès la première halte…
Dites-moi, lectrices chéries, ce qui peut bien vous passer par la tête quand vous vient l’idée saugrenue d’acheter des choses comme ça ?
Et ne venez pas nous rappeler les âneries que font les hommes, vous en avez depuis des millénaires l’habitude.
Tandis que vous, avec cette technique éprouvée de la tentation, comment pouvez-vous parfois vous laisser aller à de tels écarts ? Hmmm ?
« Bleu layette », sur une rousse !
Pfff... Je vous demande un peu...
08:48 | Commentaires (10)

