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samedi, 23 novembre 2013

La Sécu va enfin faire des économies...

Bon, les dépenses seront immanquablement déplacées.
Vers le budget de l’administration pénitentiaire si j’en crois le dernier verdict rendu dans une affaire criminelle.
Vous savez bien, lectrices chéries, que je suis un grand spécialiste de l’indignation.
Et ce matin, je suis indigné.
Je me disais parfois que j'avais la chance de vivre dans un pays presque civilisé.
Presque parce qu'il subsiste une enclave dans le XXème arrondissement de Paris qui résiste à toutes les tentatives de civilisation...
Presque civilisé disais-je, car j'ai en outre entendu ce matin aux « informations » - le ramassis de faits divers qu’on nous sert comme informations de première importance- qu’un type qui était fondu au noir et reconnu comme gravissimement cinglé par un aréopage de psychiatres venait de plonger pour trente piges.  
Alors que depuis des temps immémoriaux, si le fou avait la chance d’échapper aux proches de sa victime, on le mettait à l’ombre dans un asile quelconque où il n’était pas mieux traité qu’en taule mais il était au moins admis qu’un type qui déjantait grave devait être soigné et ne pouvait être puni comme quelqu’un qui a toute sa tête.
Les braves gens qui applaudissent à la condamnation du malade et qui, aficionados du lynchage comme le premier avocat d’extrême droite venu, nous assurent que notre beau pays doit assumer ses racines chrétiennes, devraient justement se rappeler que « sans connaissance, il n’y a pas de péché ».
A écouter les explications de la partie civile on pourrait même penser que la justice a changé de but.
Depuis qu’un président qui s’est rendu célèbre pour avoir voulu « détecter la propension génétique à la délinquance dès la crèche » est passé par là et a transformé le ministre de la Justice en Garde des Sots, le rôle de la justice a profondément changé.
Ainsi que son esprit.
Depuis longtemps, le rôle de la justice était de protéger la société des agissements de certains, de rappeler la loi et de s’attacher à la « récupération » des gens qui s’étaient mis en délicatesse avec la loi.
On dirait bien que la justice est là désormais pour assouvir la vengeance des victimes…
 Il semble aujourd’hui qu’il soit loisible de mettre des fous en prison.
Et ça, ça me scandalise.
Je me demande si on va mettre en taule le malheureux tuberculeux qui aura contaminé quelqu’un en éternuant dans un bus.
Après tout, il est coupable, non ?
Surtout qu’en plus c’est souvent un immigré.
Alors, pourquoi se gêner ?