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jeudi, 06 mars 2014

Ça c'est Paris !

Elle ne s'appelait pas Rose mais elle était belle...Elle sentait bon la fleur nouvelle...
Ouaip ! J'y suis allé !
En haut de la rue Saint Vincent, un poète et une assez connue, s’aimèrent l’espace… Euh… De près de quarante trois ans.

ma_rouquine.JPG
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Voyez ces cheveux,  ils m’ont fait craquer à la même saison il y a quarante et quelques années.
Il y avait de quoi, non ?
Alors si bbattitude voulait bien cesser de me tuer le moral, ce serait très bien.
J’ai parfois l’impression que seules certaines lectrices me comprennent.
Pas toutes aussi lestes qu’Emilia-Celina ou inquiètes que Liliplume, mais tout de même.
Cela dit, Heure-Bleue et moi, accompagnés d’une blogueuse qu’on aime, sommes allés là où Heure-Bleue n’aime pas mettre les pieds. Le coin a changé.
Le café qui fait face à « mon » lycée a lui aussi changé. Disparus le flipper et le « Wurlitzer » qui nous valaient la visite impromptue du censeur certains matins.
Ce censeur pourrissant notre matinée d’un sévère avertissement « Messieurs ! Hier soir, j’ai surpris dans le café-bar face au lycée, certains de vos camarades ! »
Après un silence car il ménageait ses effets, nous laissant mariner le temps de nous demander lequel d’entre nous s’était fait gauler, il laissait tomber, féroce « J’en ai vu jouer au billard électrique en écoutant un jazz-band ! »
Il concluait invariablement, la main sur la poignée en se retournant vers nous « Je compte sur vous pour que ce genre d’incident regrettable ne se reproduise pas ! »
Pour autant, si le café n’était plus au prix de 1963 il était bon et la population qui sortait du lycée m’arracha un soupir qui fit ricaner la lumière de mes jours.
Il y avait autant de filles que de garçons qui sortaient.
Et ils se plaignent… S’ils avaient su…
Et là, je me suis aperçu que presque tout fout le camp.
La rue de Steinkerque qui était peuplée, à l’exception de quelques commerces de bouche, exclusivement de boutiques de souvenirs, est devenue un exemple de ce qui se fait de mieux an matière de coin dans la débine peuplé de touristes.
A croire que la crasse et le laisser-aller sont des gages de bonnes affaires pour touristes pingres.
Nous sommes allés chercher ces « kouignettes », prétexte de notre balade, puis avons continué vers le Sacré Cœur, le funiculaire n’est plus le même, « il marche tout seul », des portillons ont remplacé les poinçonneurs mais c’est mieux que monter ces monstrueux escaliers qui ne sont pas durs qu’aux miséreux –de rien, Mab, de rien…-
Malgré tout, certaines choses semblent traverser les années sans changement notable...
Celle-ci par exemple:

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Ou bien cette vue courante dès que le printemps revient.
Cette photo est due au hasard, ils se sont arrêtés à un de ces moments où ils pensent que le monde alentour disparaît...
 

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Ou celle-ci, car les jolies fleurs sauvages poussent aussi à Paris :

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 Le square Nadar n’est plus ce refuge touffu qui était si pratique. En revanche, depuis quelques années « on » a mis la statue du Chevalier de la Barre sur un socle qui était désert depuis 1927.
Ils auraient mieux fait de laisser les arbres et les buissons, imbéciles !

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Fort de ma connaissance des lieux, je nous ai amenés au Lapin Agile, à la vigne de Montmartre puis nous sommes redescendu par les escaliers style « faux bois en ciment à pas variable » idéals pour se casser la g… du côté nord-est du jardin du Sacré Cœur.
Je me rappelais la rue André del Sarte, que je confondais avec je ne sais quel écrivain.
Je vais bientôt me faire de nouvelles amies tous les jours, lectrices chéries…
Malgré tout, ces quelques images prises sur le vif vous expliquent mieux qu’un long discours ma « disposition de l’âme » comme disait Louise de Vilmorin…

Et pourquoi mercredi descendre ?

Hier, c’était le Mercredi des Cendres.
J’en ai profité pour ne pas jeûner…
En réalité, depuis que ma mère est morte, je ne pense plus jamais à ce genre de choses.
Je n’y pensais déjà que très peu lorsqu’elle était vivante, j’avais été guéri de toutes ces histoires par un séjour chez les dingues.
Je lui mentais avec aplomb le jour du Vendredi Saint car, comme souvent, le sandwich dit « Paris-Beurre » faisait office de déjeuner et bien entendu, en rentrant à la maison, quand par hasard elle était là, j’avais droit à « Tu as « fait maigre » au moins mon fils ? »
C’est en ces occasions que j’ai appris que l’on peut mentir à deux conditions :
- Que ce soit dans dommage pour quiconque.
- Le faire avec aplomb.
Je m’étais néanmoins fait sermonner quelques fois de mon impiété.
Le dieu de mon père s’en foutait allègrement, lui.
Bien que sévère voire cruel, on pouvait prendre des arrangements avec lui. 
Ma mère était moins prudente avec le sien qui n'était pas le même.
Non, chaque fois, ce qui l'inquiétait n’était pas d’avoir offensé un bon dieu dont ma mère semblait penser que c’était un brave gars mais plutôt mollasson.
Sympa le type, certes, mais faiblard, mou du genou.
Ce qu’elle craignait plutôt, c’était d’avoir couru le risque de me trouver face au diable une fois ma dernière heure venue.
Il faut dire que le diable, selon ma mère, était un sérieux client, s'il n'avait tenu qu'à elle, il aurait sorti dieu de son fauteuil pour s'installer à sa place.
Pas un machin gentil comme le bon dieu, plein de bonté, d’amour et qui parlait de pardon et autres gaudrioles finalement inutiles au maintien de l’ordre dans un monde en perpétuel bordel.
Bordel surtout causé par les enfants. Ses enfants à elle.
Non, non, non lectrices chéries ! Le diable c’était un méchant,  un vrai méchant, un qui vous cramait pour l’éternité à la première connerie.
Si ça se trouve, vu le nombre de pécheurs en circulation, le réchauffement climatique, c’est lui…
C’était quand même un type qui venait vous tirer par les pieds pendant votre sommeil, histoire de vous faire regretter d’avoir bouffé en douce une cuillerée de confiture en montant sur une chaise.
Ou pire selon ma mère,  avoir piqué un franc dans le porte-monnaie maternel pourtant d’accès peu aisé...
Elle a continué comme ça longtemps ma mère, persuadée qu’une bonne mère ne doit surtout pas s’occuper de foutre la paix à son fils.
Persuadée qu’elle était qu’une fois hors de sa vue, une fois devenu « grand », l’occupation permanente de la prunelle de ses yeux était de chercher à copuler avec des filles à la vertu discutable.
Pourtant, un moment dans mon enfance, j’écoutai avec attention l’histoire sainte chez mes fondus. Déjà intéressé par le feu qui prenait sans allumettes, cette histoire de buisson ardent m’avait intrigué.
Non que je fusse crédule mais cette affaire me turlupinait et je me demandais bien par quel miracle, la chose pouvait ainsi s’enflammer.
Puis je l’oubliai jusqu’à l’adolescence où, en quelques occasions elle me revint à l’esprit.
Je fus alors forcé de constater que cette affaire de buisson ardent n’avait été à l’époque qu’une erreur d’interprétation de ma part.
En y réfléchissant plus tard, l’idée que c’était la révélation du dieu éternel et unique qui fait marcher le monde, n’était finalement pas si fausse…
D'ailleurs Courbet a montré ça très bien.
Je sais bien, lectrices chéries, mais que voulez-vous, c'est le printemps...