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vendredi, 26 septembre 2014

Une saison en enfer.

Aujourd'hui, je gémis, lectrices chéries.
Vous vous rappelez, lectrices chéries, qu’il fallut retirer quelques pièces à votre serviteur.
Par le plus grand des hasards, alors que j’entrais chez Blogspirit, une mes pièces sortait de chez moi.
Le temps a passé et je vous sentais en haleine ces temps-ci, inquiètes du sort et de l’état de votre Goût préféré à l’annonce de ma visite chez le gamin –il a l’âge de mon fils- qui a assuré la maintenance.
Il y a quelques années, alors que je sentais quelque douleur dans le bas du torse, je m’étais dit « bon, tu es foutu mon chéri, un crabe est en train de te bouffer les éponges, pas la peine de te leurrer, tu es parti pour servir de pâtée aux asticots ». Asticots que je sentais plutôt impatients. Oui, je me parle assez familièrement dans ces cas là.
A dire vrai, à l’époque, je m’en fichais un peu car j’avais d’autres soucis en tête et d’autres douleurs à gérer.  
Un peu moins importantes qu’un rhume, mais quand même.
Vint évidemment un moment où Heure-Bleue dut me traîner chez le médecin qui, au plus fort de son courage, m’envoya aux urgences de l’hôpital.
C’est la première fois qu’on m’a administré de la morphine.
C’est pas bien du tout. Ça m’a fait vomir, j’étais dans le pâté, j’étais sûr qu’on allait oublier mon manteau dans le couloir, peut-être même le voler, tout ça mais on n’a plus mal.
J’ai évidemment fait bonne figure en apprenant la nouvelle.
On a tenté de me rassurer en me disant « il n’y a rien au poumon ».
Bon, pour être honnête, ça stresse un peu quand même…
On m’étripa. Je guéris. Sauf des autres douleurs, faut pas déc’.
En réalité, je ne me sentis débarrassé du crabe qu’après qu’on m’eut fait subir un examen, long et ennuyeux, affublé du joli nom de « scintigraphie ». Ça donnait à cet exercice médical un côté étoilé qui me plaisait bien. Enfin, ce qui m’a le plus plu c’est le « C’est parfait monsieur, vous n’avez rien ! » de la radiologue.
Pendant un an, j’ai vécu avec ma cervelle, un nez qui fonctionnait parfaitement et me permettait de sentir les odeurs, agréables ou non, qui passaient dedans.
Mon éreinteur, hélas, me tannait pour que je consulte un néphrologue.
C’est là que les emm…nuis ont commencé.
« On » a décrété que ma pression artérielle, qui était un peu élevée pour cause de stress, devait être celle d’un gamin qui n’a jamais croisé une fille.
« On » a décrété que ma cholestérolémie, qui était tout à fait normale, devait être celle d’un bébé qui n’a jamais croisé un McDo.
Le résultat fut immédiat. Ces machins m’ont donné des vertiges, le nez qui coule en permanence, des douleurs thoraciques, des coliques néphrétiques, des douleurs articulaires et musculaires. Le pire fut quand j’eus l’impression que mon éreinteur s’était planté et ne m’avait pas retiré un rein mais la cervelle. J’ai été paniqué par les troubles de la mémoire causés par un des médocs.
J’ai supporté ça pendant plusieurs années. Jusqu’à ce qu’un autre effet secondaire se présente, encore plus désagréable, et me décide à faire quelque chose d’efficace. Il y a des limites à la décrépitude. Je me suis donc mis à fouiner sur les sites universitaires à la recherche d’informations sur ces molécules, leur action réelle et surtout pourquoi et sur quoi elle agissaient. Après avoir trouvé ce que je cherchais, j’ai mis plus d’un an à réduire les doses de ces deux médicaments. Au point qu’aujourd’hui je n’en prends plus. J’ai craint- un instant seulement- de me faire engueuler par mon éreinteur.
Quand je le lui ai avoué, il eut alors cette phrase qui me ravit « Vous avez bien fait, les médecins vont souvent au plus simple, c’est plus facile de donner des médocs que donner des conseils alimentaires ou d’hygiène de vie, tout ça c’est pain bénit pour l’industrie pharmaceutique ! »
Je lui ai donné les six mois de relevés de ma pression artérielle. Il a regardé attentivement les relevés et a lâché « en plus vous êtes plutôt hypotendu, assez zen, vous n’aviez pas besoin de ça… »
Ravi je fus.