dimanche, 19 octobre 2014
La paille et la poutre.
Mamalilou m'a fait un commentaire d'une longueur telle que j'ai cru un instant qu'elle avait décidé de faire un concours avec Juliette, celle qui fait des commentaires plus longs que mes notes.
Alors, Mamalilou, lectrice chérie, je pense que si on s'occupe des parents et pas des enfants en ne regardant que la différence de revenus, le sens de mon billet peut effectivement t’échapper.
Le côté « le conservatoire du gosse de riches et la chemise du gosse de pauvres » est à mon sens le signe que la technique du moment qui consiste à monter les Français les uns contre les autres fonctionne bien.
En réalité, ça montre qu'être démago marche assez bien.
Et je sais que ça marche car je fais partie « des retraités trop payés qui bouffent aux dépens du jeune actif mal payé »…
Tu noteras que l’idée de payer décemment le jeune actif ne fait pas partie des options.
Et jette un œil là-dessus, tu vas mieux comprendre si tu ne survoles pas.
Cela dit, je pourrais aussi bien, de mon côté, choisir une autre image que celle de la chemise et du conservatoire et qui me semble plus proche de la situation réelle :
Quand une fête est organisée où tous sont conviés et où chacun amène quelque chose selon ses moyens, tout le monde mange le même morceau de gâteau et boit le même gobelet de champagne.
On dirait bien que d’après toi, celui qui a amené le plus gros gâteau et la bouteille de champagne devrait se contenter d'un demi-verre d'eau et regarder celui qui a amené le plus petit morceau de pain manger le plus gros morceau de gâteau avec un verre de champagne.
Curieuse conception de l'égalité...
Dans les deux cas, si on applique la même politique inégalitaire, d'ici que les plus gros contributeurs aillent faire la fête ailleurs, il n'y a pas des kilomètres.
En France, jusqu'à une époque qui commence à devenir lointaine, la redistribution était faite via l'impôt, les impôts, TVA incluse.
Sous la pression de ceux qui pensent que « libéral » est synonyme de « féroce » et que « social » est un gros mot, la redistribution est bricolée de sorte que l'on fasse bien remarquer, via les allocs ou les aides, qu'il y a des gens qui touchent des sous dont ils n'ont pas besoin et on les montre du doigt.
C'est une erreur politique sévère.
T'es-tu demandé, mamamilou, à quoi exactement correspondait cette discrimination qui désigne un seuil de revenus à la vindicte publique ?
Eh bien, il te suffit de comparer les 700 millions d'économies espérés aux 37 milliards du budget de la CAF.
Reprocher à 10% des contributeurs (les plus gros) les 2% « de trop » qu'ils perçoivent, c'est se foutre du monde, c’est du lynchage de classe moyenne.
Alors, comme ça, avec six mille €uros mensuels on est « riche » ?
Quand on pense aux 25 milliards de fraude à l'URSSAF et aux 60 à 80 milliards de l'évasion fiscale, montrer du doigt la famille de quatre gosses à qui les allocs paient les leçons de piano du cadet, c'est simplement inique, injuste et scandaleux.
Ça montre surtout qu’il est plus facile de désigner du doigt une partie des Français à une partie moins lotie que s’attaquer réellement à l’hémorragie de sous due aux plus puissants.
Ah, oui… C’est vrai… Ceux-ci se défendent et peuvent partir alors que ceux-là ne peuvent pas…
Et puis, c’est tellement plus facile de détester le voisin qui a une piaule de plus, hein ?
09:35 | Commentaires (15)

