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lundi, 20 octobre 2014

Tandis que j’agonise…

Habituellement, c’est Heure-Bleue qui se moque.
Elle connaît bien votre serviteur.
Mais le sort est farceur et Heure-Bleue elle-même tombe immobile sous le coup qui la tue.
La lectrice chérie qui regarde en l’air en se disant « tiens, j’ai déjà lu ça quelque part » est priée de ne pas bayer au Corneille et de garder ses réflexions pour elle.
Oui, lectrices chéries, la lumière de mes jours, non seulement m’éclaire mais elle me chauffe.
J’aime le regard enfiévré de ma houri ardente.
J’aime l’entendre gémir à chaque mouvement sur le lit.
J’aime la voir transpirer au moindre effort.
Non, ne rêvez pas. Vous pensiez à quoi ?
Heure-Bleue a un rhume.
Peut-être un peu plus car elle a de la fièvre.
Mais elle a encore suffisamment de ressort pour vouloir plomber tout le wagon qui nous emmènera chez le médecin.
Quant à moi, lectrices chéries, je ricane d’avance à l’idée de voir les passagers, considérant une femme toussant et manifestement enfiévrée, être certains que cette emmerdeuse allait leur coller Ebola à tous !
Pour une fois que l’agonisant n’est pas votre Goût préféré, ce petit être fragile et délicat qui vous adore.
Pour une fois que celui qui se plaint, n’est pas votre serviteur, ce bavard charmant qu’une miette de croissant au beurre dans une chaussette en cachemire fout sur le flanc pour trois semaines.
Vous n’allez pas vous en plaindre, non ?