mardi, 21 octobre 2014
Toux ou rien…
Je suis allé chez le médecin avec Heure-Bleue.
Apparemment, quand on est une claire à peau et yeux clairs, on peut tousser dans le train. Il n’y a pas de reflux de passagers craignant d’être « Ebolisé » en allant au boulot.
Le médecin, qui connaît Heure-Bleue depuis des années, a lâché platement « Virus… On peut rien faire…»
Le même, qui me connaît depuis longtemps, s’est ensuite précipité sur moi à peine entré dans son cabinet avec son sphygmomètre, m’a saisi le bras et a continué à papoter avec moi.
Il a eu un air vaguement déçu en m’annonçant « 14/7, faut surveiller, hein… »
Alors qu’il sait très bien qu’attraper un patient en marche et le faire parler tout en lui prenant la tension est un excellent moyen d’avoir des chiffres alarmants.
Et moi aussi...
Tout comme je sais que mon éreinteur m’a balancé car c’est en ma présence qu’il avait enregistré son compte-rendu destiné à mon « médecin référent » et avait dit « a cessé tout traitement excepté le citrate de potassium ».
Bon, globalement, même si je sais que c’est d’un intérêt très relatif, nous mourons chaque jour, lectrices chéries, mais pour l’instant il n’y a pas d’accélération sensible du processus.
En sortant de chez le médecin, nous sommes passés au Monop’ de la République pour y acheter un poireau et une branche de céleri.
La lectrice chérie qui vient de marmonner « la suite est aussi passionnante que le début… » est priée de se taire.
Du coup, je me suis intéressé à d’autres choses.
Notamment à la façon de s’exprimer, parfois ambiguë, de la lumière de mes jours.
Dans le bus qui nous menait à Saint-Lazare, nous étions en train de papoter de choses et d’autres quand soudain, la femme de ma vie m’a regardé de son doux regard de myope vaguement voilé par le rhume.
C’est là que j’ai eu l’esprit traversé par un vague espoir.
- Je vais éplucher ton poireau pendant que toi tu me feras chauffer le machin…
Évidemment, j’ai pensé « Tiens, elle va vraiment mieux… » mais quand j’ai eu ce sourire en coin qui l’agace au plus haut point elle a dit :
- Oui… Je sais… Tu es bien comme ton père et ton fils !
Mais à quoi avait-elle donc pensé ?
A rien, et quand on le lui demande, elle hausse les épaules.
09:27 | Commentaires (15)

