Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

vendredi, 04 septembre 2015

C’est bon la honte, pourtant on ne peut pas dire que c’est noble…

De rien, Mab...
Il y a un moment que je me demande, rien qu’à écouter la radio et regarder la télévision, si nous ne serions pas tous peu ou prou des incarnations de Tartuffe.
J’ai entendu ce matin sortir de mon outil de bourrage de crâne, la voix d’un type Président du Conseil Général et Départemental des Alpes-Maritimes de son état.
Il m’a prévenu d’entrée
« Attention à la générosité !!! Ne nous laissons pas etc. »

Il était évidemment question de ce petit garçon de trois ans à qui un débile quelconque à voulu apprendre à nager en le jetant à la mer sans bouée.
Bon d’accord, ce n’était qu’un petit garçon.
Un Syrien en plus, autant dire un Arabe, un futur grugeur aux allocs.
Peut-être même a-t-on échappé à un futur dealer de hall de cité, allez savoir...
Bref, un étranger, mais quand même !
La vue de ce gamin mort, le nez dans le sable d’une plage touristique était particulièrement photogénique.
Ça sent le prix Pulitzer…
Je suis sûr que la photo aura le même succès que celle de Kim Phuc.
Mais si, lectrices chéries, cette petite vietnamienne brûlée au napalm qui court, nue et en larmes sur une route un jour de 1972.
Tout comme vous vous rappelez l’engloutissement en direct à la télé de cette petite Colombienne dans son lac de boue.
« C’est bon ça, coco… »
Si la Turque qui a pris la photo se démerde bien, elle finira lauréate de la World Press Photo Contest.
Évidemment, nozélites ont déversé d’un coup des torrents de larmes au risque de noyer des journalistes alors qu’il n’y a même pas de plage pour faire beau sur la photo.
On n’est même pas bon à faire semblant d’être choqué par le fait en soi.
Je sais bien qu’on ne fait pas de la politique avec de bons sentiments.
Mais de là à en déduire que ça ne doit être fait qu’avec cynisme...
L’excuse avancée pour expliquer l’absence de la photo dans la seul presse française a été « c’est pour pas que ça choque (sic) et par respect pour ce petit enfant ».
« Petit enfant » qui n’en a rien à foutre puisqu’il est mort.
On nous répète à l’envi pour excuser notre indifférence « La France ne peut pas accueillir toute la misère du monde. »
On oublie soigneusement que la phrase prononcée par Michel Rocard en 1990 était
« La France ne peut pas accueillir toute la misère du monde mais elle doit en prendre fidèlement sa part.  »
Quand je serai chef du monde, j’interdirai la honte.
C’est un sentiment inutile et qui a raté son but.
Au lieu de nous rappeler ce que notre comportement a de minable il ne réveille que les blessures d’amour-propre.