mardi, 05 avril 2016
Des airs et zones à rides...
Heure-Bleue et moi papotions, comme toujours.
Depuis toujours.
Du moins depuis très longtemps.
Nous parlions de cette femme, venue vendredi s’asseoir à côté d’elle, à l’arrêt du bus de la rue de Courcelles.
Heure-Bleue m’avait demandé :
- Non mais tu as vu ?
- Évidemment, je ne pouvais pas rater ça…
La femme en question était terriblement esquintée à coups de scalpel.
L’outil censé « réparer des ans l’irréparable outrage » en avait aggravé l’outrage.
En plus elle avait, comme dit Heure-Bleue, « le cul triste ».
Et pour cause, il était passé dans ses joues.
Quant à la bouche…
Bon, je n’ai pu que penser que « coller des lèvres de mérou à une femme lui donne immanquablement l’air d’une morue »
Je me suis mordu la langue et ai attendu qu’elle soit hors de portée pour le dire à la lumière de mes jours.
Une fois de plus nous nous sommes dit que la chirurgie censément esthétique portait souvent mal son nom.
Ces retouches rataient systématiquement leur but qui est quand même de donner l’air jeune à quelqu’un qui ne l’est plus.
On devrait pourtant tous savoir que le mieux pour avoir l’air d’avoir vingt ans, c’est quand même d’avoir vingt ans…
Qu’on essaie avec des crèmes dont le composant essentiel est l’eau distillée, soit, au moins c’est sans risque.
Mais le scalpel…
De papotages en digressions, nous nous sommes aussi rappelé ce couple croisé rue Bayen, peu avant d’arriver rue Poncelet pour les quelques courses du dîner.
Heure-Bleue ne l’avait pas sur le coup remarqué.
Elle, avait l’âge d’être sa fille.
Lui, celui d’être son père.
Heure-Bleue a même cru qu’il l’était.
Jusqu’à ce que je remarque leurs doigts enlacés.
J’ai pensé, en regardant la fille et en mauvais esprit que je suis, que l’expression « prendre un coup de vieux » prenait là tout son sens…
Il était bien conservé, mais, comme ma mère, jamais à court d’une vacherie envers les femmes, disait à ce propos « bien conservée, d’accord… Mais on a beau dire, la conserve, ça ne vaut pas le frais ! »
Souvent ça dégénérait parce que mon père, au lieu de se taire, ne pouvait s’empêcher de lui dire en prenant l’air innocent « Ah ça, ma poule ! À qui le dis tu… »
Puis, notre papotage a pris fin parce que la lumière de mes jours s’est mise à son clavier pour vous lire tout en écoutant d’une oreille distraite le film « Tellement proches » qu’on avait déjà vu.
Un moment elle a eu un problème et m’a dit
- Minou ! Ma souris veut pas faire tout ce que je veux !
- Qu’est-ce que je devrais dire…
- Pfff… J’aurais dû savoir…
Alors j’ai quand même regardé un peu le film.
08:22 | Commentaires (13)

